Skip to main content

Dieu avec Nous


     L’expression “Dieu avec nous” évoque la présence intime de Dieu auprès de son peuple et constitue l’équivalent anglais du nom hébreu “Emmanuel”, utilisé dans la Sainte Écriture pour désigner Dieu. Le nom “Emmanuel” apparaît pour la première fois dans Ésaïe 7:14, lorsque le roi Retsin de Syrie et Pékach d’Israël se sont alliés pour faire la guerre à Jérusalem aux jours du roi Achaz de Juda. La nouvelle de leur complot fit trembler le peuple de Juda. Mais l’Éternel envoya le prophète Ésaïe vers Achaz pour lui dire de tenir ferme et de ne pas craindre les deux rois, car leur conspiration ne se réussirait pas (Ésaïe 7:7). 


     De plus, l’Éternel commanda à Achaz par la bouche d’Ésaïe: “Demande pour toi un signe à l’Éternel, ton Dieu! Demande-le, que ce soit dans les plus extrêmes profondeurs ou les lieux les plus élevés” (Ésaïe 7:11). “Achaz répondit: “Je ne demanderai rien, je ne provoquerai pas l’Éternel” (Ésaïe 7:12). Alors l’Éternel Lui-même donna un signe à Achaz, disant: “Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel” (Ésaïe 7:14).


     Tandis qu’Ésaïe 7:14 met en exergue la nature (virginale et donc surnaturelle) de la naissance de l’Enfant et annonce son titre (Emmanuel), Ésaïe 9:6-7 dresse le profil de l’Enfant, dont la venue est comparée à l’avènement de la lumière destinée à dissiper le voile sombre des ténèbres qui accablait le peuple de Dieu et le séparait de Lui. Ces deux versets soulignent non seulement la majesté, l’autorité, la royauté et la gloire resplendissante de l’Enfant, mais aussi son lignage, ses accomplissements et ses qualités de caractère, disant: “Car un Enfant nous est né, un Fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule; on L’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Donner à l’empire de l’accroissement, et une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l’affermir et le soutenir par le droit et par la justice, dès maintenant et à toujours: voilà ce que fera le zèle de l’Éternel des armées.”


     Cette prophétie réaffirme et amplifie avec insistance la vérité véhiculée par le titre “Emmanuel” dans Ésaïe 7:14, à savoir la divinité et l’humanité de l’Enfant à naître. Il ne sera pas un simple mortel; Il sera pleinement Dieu et pleinement homme.

 

     Plusieurs siècles après qu’elles aient été prononcées, l’Éternel accomplit les paroles de cette prophétie à travers “une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie” (Luc 1:27). Le Seigneur envoya son ange (Gabriel) vers la vierge et il lui dit: “Voici que tu seras enceinte. Tu mettras au monde un Fils et tu Lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David, son ancêtre. Il régnera sur la famille de Jacob éternellement, son règne n’aura pas de fin.” Marie dit à l’ange: “Comment cela se fera-t-il, puisque je n’ai pas de relations avec un homme?” L’ange lui répondit: “Le Saint-Esprit viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint Enfant qui naîtra sera appelé Fils de Dieu” (Luc 1:31-35). Comme le note Matthieu: “Tout cela arriva afin que s’accomplisse ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: La vierge sera enceinte, elle mettra au monde un Fils et on L’appellera Emmanuel, ce qui signifie “Dieu avec nous”” (Matthieu 1:22-23).

     Il convient de noter que l’expression “Dieu avec nous” a une double implication qui relie son accomplissement immédiat à l’époque du roi Achaz à la réalité spirituelle que cela préfigurait. Dans le contexte historique de l’Ancien Testament, cela fait référence à la présence protectrice de Dieu par laquelle Il assurait la délivrance physique de son peuple face à leurs ennemis. En d’autres termes, le Seigneur était un bouclier pour son peuple, leur force, Celui qui les préservait de tout mal physique, les protégeait contre leurs ennemis et faisait la guerre à ceux qui les attaquaient ou leur nuisaient. Cela fut démontré dans la réponse de lÉternel à la conspiration de Retsin et de Pékach contre Juda: l’Éternel assura Achaz de sa protection, disant: “Prends garde et sois tranquille; ne crains point, et que ton coeur ne défaille pas devant ces deux bouts de tisons fumants, devant l’ardeur de la colère de Retsin et de la Syrie, et du fils de Remalia” (Ésaïe 7:4).

     La seconde implication de “Dieu avec nous” est spirituelle, ayant été préfigurée par l’accomplissement immédiat de la prophétie aux jours d’Achaz. Tandis qu’historiquement cette expression se réfère à la présence protectrice de Dieu contre les agressions physiques, son accomplissement spirituel dans le Nouveau Testament se rapporte à la présence salvatrice du Seigneur par laquelle Il assure la délivrance spirituelle de son peuple. Dans ce contexte, “Dieu avec nous” dénote la visite gracieuse de Dieu à son peuple accablé par les ténèbres—visite qui a pour but sa délivrance de la captivité spirituelle, la guérison de son cœur et la restauration d’une communion renouvelée et sanctifiée avec Dieu. Cette visite divine et salvatrice, comme le rapporte le Nouveau Testament, a été accomplie par le moyen de l’Incarnation: la venue dans la chair de Jésus-Christ le Fils de Dieu et deuxième Personne de la Trinité dans le monde (Matthieu 1:22-23).

     La promesse de l’Éternel d’être avec son peuple est intemporelle et s’étend à tous ses saints à travers les âges. Le fait que “Dieu soit avec nous” est une réalité infiniment précieuse et rassurante. Mon but en écrivant cet article est d’encourager les enfants de Dieu dans leur marche en tant que chrétiens. Car dans un monde rempli de péché et d’hostilité envers Dieu et sa Parole, un monde livré aux mensonges du malin—qui ne désire rien de moins que de voler notre joie dans le Seigneur—il est facile de se décourager sous le poids de l’opposition et de difficultés accablantes. Outre l’hostilité extérieure à laquelle nous sommes confrontés en tant que chrétiens en raison de notre union avec le Christ notre Seigneur, il y a aussi un conflit interne avec le reste du péché. Ainsi, alors qu’extérieurement surviennent des afflictions et des oppressions de diverses sortes—telles que le rejet et la persécution par le système mondial corrompu qui gît sous le pouvoir du malin—intérieurement nous luttons constamment contre ce qui reste de la chair.

     Afin de garder un esprit paisible et un cœur joyeux en toutes circonstances, nous devons constamment nous accrocher à cette vérité: l’Éternel notre Dieu est toujours avec nous; nous ne sommes jamais seuls. Il promet dans Ésaïe 43:2, “Si tu traverses les eaux, Je serai avec toi; et les fleuves, ils ne te submergeront point; si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et la flamme ne t’embrasera pas.” Puis dans Ésaïe 41:10, Il promet non seulement sa présence, mais aussi la force, l’aide et le soutien, disant: “Ne crains rien, car Je suis avec toi; ne promène pas des regards inquiets, car Je suis ton Dieu; Je te fortifie, Je viens à ton secours, Je te soutiens de ma droite triomphante.” Et dans Matthieu 28:20, Il souligne la permanence de sa présence, disant: “Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle.”

     La promesse de l’Éternel, Je ne te délaisserai pas et Je ne t’abandonnerai pas”, initialement faite à Josué lorsque l’Éternel le chargea de conduire Israël, est réaffirmée dans Hébreux 13:5 et appliquée aux chrétiens comme un encouragement à mener une vie éthique qui glorifie Dieu (voir Hébreux 13:1-5)

     “Dieu avec nous” est une réalité éternelle pour tous les saints. La manière dont Dieu, l’Éternel, fait briller la lumière de sa face sur nous, ses brebis, et nous protège par sa glorieuse présence est l’un des points centraux de cet article. Dans les quatre premières sections, nous examinerons cinq événements pivots par lesquels Dieu accomplit, à une plus grande échelle et avec des implications théologiques de grande portée, ce qu’Il a longtemps promis à Achaz: l’Incarnation de Dieu le Fils (I), la venue du Saint-Esprit (II), l’enlèvement de l’Église et le second avènement du Fils (III), et le tabernacle de Dieu avec son peuple (IV)— quand Il créera un nouveau ciel et une nouvelle terre pour habiter avec ses saints pour toujours. Ensuite, à la lumière des nombreuses idées fausses de notre époque qui obscurcissent le but et la réalité de la présence de Dieu, nous passerons en revue plusieurs vérités scripturaires substantielles qui réfutent tout malentendu (V), et conclurons par quelques applications pratiques (VI).

Dans cette section, nous examinerons trois choses: comment Dieu interagissait avec l’homme avant l’Incarnation (A), pourquoi l’Incarnation a eu lieu (B), et le bénéfice de l’Incarnation (C).

     A- L’interaction de Dieu avec l’homme avant l’Incarnation

     L’Incarnation ne marque pas le début de la présence visible de Dieu sur terre, mais sa venue dans la chair; car avant la naissance du Fils de Dieu à Bethléem, il y eut de nombreuses théophanies, comme le rapporte l’Ancien Testament. Dans ces instances, Dieu apparut temporairement sous forme d’homme ou d’autres formes visibles pour le bien de son peuple et la révélation de ses qualités de caractère et de sa gloire transcendante (cf. Exode 33:18-23; Exode 34:5-7).

     Les exemples de théophanies incluent l’apparition de Dieu à Abraham sous forme d’homme près des chênes de Mamré (Genèse 18:1); son apparition à Moïse dans une flamme de feu au milieu d’un buisson (Exode 3:2) et dans la nuée sur le mont Sinaï (Exode 34:5-7); la colonne de nuée et de feu qui a conduit Israël hors d’Égypte et à travers le désert pendant 40 ans; la gloire de la Shekinah qui a rempli la maison de l’Éternel lors de son inauguration (Exode 40:34 et 2 Chroniques 5:13) et apparaissait au-dessus du propitiatoire dans le Lieu Très Saint (Lévitique 16:2); l’Ange de l’Éternel qui a trouvé Agar près d’une source d’eau dans le désert (Genèse 16:7), qui est aussi apparu à Gédéon sous le térébinthe à Ophra (Juges 6:11-12), et aux parents de Samson (Juges 13:3, 9, 11-13); et le Chef de l’armée de l’Éternel qui est apparu à Josué près de Jéricho (Josué 5:13-15).

     De plus, la présence de Dieu avec son peuple n’est jamais limitée aux manifestations visibles. Même en l’absence de celles-ci, l’Éternel a, de manière providentielle et miraculeuse, protégé et préservé son peuple à travers les âges—un témoignage clair de la perpétuité de sa présence avec ses brebis. Il reste directement impliqué dans leur vie, agissant à la fois par la providence et par des actes miraculeux pour assurer leur protection et leur préservation continues.

     L’Ancien Testament regorge d’événements qui attestent de la présence gracieuse de Dieu avec son peuple—des témoignages de son amour sans réserve et de son engagement indéfectible à prendre soin de ses brebis et à les protéger. Par exemple, pour assurer la protection de Noé et de sa maison contre le déluge qui a emporté le reste de l’humanité à son époque, Dieu a commandé à Noé de construire une arche pour leur sécurité (Genèse 6:14). De même, quand Il détruisit Sodome et Gomorrhe, “Dieu  se souvint d’Abraham et renvoya Lot hors de la destruction, quand Il détruisit les villes dans lesquelles Lot habitait” (Genèse 19:29). En outre, “l’Éternel frappa de grandes plaies le Pharaon et sa maison, à cause de Sarai, femme d’Abram” (Genèse 12:17) et frappa “de stérilité toute la maison d’Abimélec, à cause de Sara, femme d’Abraham” (Genèse 20:18).

     Quand Jacob vivait à Sichem, le Seigneur l’appela à déménager à Béthel et à Lui y bâtir un autel. C’était après le viol de Dina (la fille de Jacob) par Sichem le Hévien—un acte déshonorant qui incita les deux frères de Dina (Siméon et Lévi) à la colère et à la vengeance: ils massacrèrent Sichem et son peuple, pillèrent leur ville, et capturèrent leurs femmes et leurs petits enfants. Cette vengeance exécutée par les fils de Jacob le remplit de peur; il craignit la riposte des Cananéens et des Phéréziens. Cependant, le Seigneur intervint pour le protéger, lui et sa famille. Ainsi, alors que Jacob et sa maison partirent pour Béthel, “La terreur de Dieu se répandit sur les villes qui les entouraient, et l’on ne poursuivit point les fils de Jacob” (Genèse 35:5).

     Quelques années plus tard, en prévision de la grave famine qui allait frapper toute la terre, Dieu permit providentiellement que Joseph soit vendu par ses frères comme esclave et emmené au pays d’Égypte. Là, Dieu établit  Joseph “père de Pharaon, maître de toute sa maison, et gouverneur de tout le pays d’Égypte” (Genèse 45:5-8), assurant ainsi la survie de la maison d’Israël. Car pendant les sept années de famine, Dieu pourvut gracieusement aux besoins d’Israël à travers Joseph, qui assurait la supervision des réserves alimentaires de l’Égypte. Ce faisant, Dieu préserva providentiellement la lignée de descente du Messie. Cette préservation garantit l’accomplissement des prophéties d’Ésaïe 7:14 et d’Ésaïe 9:6-7 données des siècles plus tard.

     Au temps du massacre des garçons nouveau-nés israélites orchestré par Pharaon, le Seigneur préserva providentiellement la vie de Moïse par l’entremise de la fille de Pharaon, après que ses parents ne purent plus le cacher à l’âge de trois mois. Le Seigneur utilisa ensuite Moïse dans les années qui suivirent pour affliger l’Égypte de dix plaies sévères en faveur d’Israël, et Il délivra son peuple de l’esclavage, le conduisant par la main de Moïse vers la Terre Promise. Après leur délivrance d’Égypte, le Seigneur assura le peuple d’Israël de sa présence avec eux alors qu’ils cheminaient vers la Terre Promise, disant: “Voici, J’envoie un ange devant toi, pour te protéger en chemin, et pour te faire arriver au lieu que J’ai préparé. J’enverrai ma terreur devant toi, Je mettrai en déroute tous les peuples chez lesquels tu arriveras, et Je ferai tourner le dos devant toi à tous tes ennemis” (Exode 23:20, 27; voir aussi 1 Corinthiens 10:1-4). 

     Ce sont là quelques exemples parmi tant d’autres où la présence de Dieu avec son peuple d’autrefois a été prouvée par ses actes providentiels et ses interventions miraculeuses en vue de leur protection et de leur préservation. 

     Ainsi, avant sa venue dans la chair, Dieu manifestait sa présence à la fois par des théophanies, des actes de providence et des prodiges qu’Il accomplissait pour le bien de son peuple. Il n’était pas un Dieu absent, mais immanent. Dès lors, si la présence de Dieu était une réalité même par le passé, pourquoi alors l’Incarnation? 

     B- Pourquoi l’Incarnation

     Aussi significatifs qu’aient été les théophanies, les actes de providence et les prodiges par lesquels l’Éternel manifestait sa présence dans les temps anciens, l’Incarnation demeure la manifestation ultime de la présence de Dieu dans l’histoire du monde. Le “pourquoi” de l’Incarnation ne peut se comprendre qu’à la lumière de la Chute de l’homme. Car, du fait de la Chute, chaque être humain est par nature captif des ténèbres, séparé de la présence glorieuse de Dieu en raison de sa nature pécheresse. Cette séparation était symbolisée par le voile qui fut dressé dans la maison de l’Éternel pour séparer le Lieu Saint du Lieu Très Saint où la gloire de l’Éternel apparaissait au-dessus du propitiatoire. Ce voile maintenait tous les adorateurs hors de la présence sainte et consumante de Dieu—à l’exception du souverain sacrificateur: il pouvait entrer dans le Lieu Très Saint une fois par an, au moment fixé, avec le sang expiatoire et l’encens brûlant. 

     À la création, l’homme avait le privilège de demeurer dans le sanctuaire de Dieu: le Jardin d’Éden. Il vivait dans la glorieuse présence de Dieu, en communion avec Lui, jouissant de la plénitude de sa bénédiction jusqu’au jour de sa chute. En raison de sa désobéissance, l’homme fut séparé de Dieu, expulsé de la lumière de sa face. Il perdit la communion avec Dieu—la source de vie et d’épanouissement—et gagna la compagnie de la mort en raison de sa corruption morale.

     Étant séparée de la lumière de la gloire de la face de Dieu, la race humaine tout entière est devenue esclave des ténèbres en raison de sa perte de santé spirituelle. Au lieu d’être des faiseurs de bien, nous sommes devenus des pourvoyeurs de mal, hostiles d’esprit, sans foi, trompeurs, haïssant Dieu et les choses de Dieu—“comme cela est écrit: Il n’y a pas de juste, pas même un seul; aucun n’est intelligent, aucun ne cherche Dieu; tous se sont détournés, ensemble ils se sont pervertis; il n’y en a aucun qui fasse le bien, pas même un seul; leur gosier est une tombe ouverte, ils se servent de leur langue pour tromper. Ils ont sur les lèvres un venin de vipère;  leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume. Leurs pieds courent pour verser le sang, la destruction et le malheur marquent leur passage, ils ne connaissent pas le chemin de la paix. Il n’y a aucune crainte de Dieu devant leurs yeux” (Romains 3:10-18). 

     Ainsi, nous sommes tous par nature des esclaves des ténèbres: nous échangeons la Parole de Dieu (la Vérité) contre le mensonge et rejetons sa Souveraineté sur nous tout en nous soumettant à la domination de Satan; nous abandonnons ce qui est bon pour suivre ce qui est mauvais. Plutôt que de chercher la gloire de Dieu et de nous réjouir en Lui (ce qui est le but principal de l’homme), nous poursuivons la satisfaction de notre chair pécheresse.

     En tant qu’hommes naturels, nous ne sommes pas libres, mais prisonniers spirituels du péché, de la chair, de Satan et du monde—les ravisseurs de notre âme. Car nos pensées sont tournées vers la chair et nos cœurs vers le mal. Nous sommes ennemis de la justice, pris au piège dans le cloaque de notre propre iniquité, courant après la vanité, suivant la philosophie et la tradition humaines. De plus, nous sommes gouvernés par Satan—le prince de la puissance de l’air—sous le pouvoir duquel gît le système entier du monde mauvais (1 Jean 5:19), emportés par une vaine tromperie et par les rudiments sans valeur du monde. 

     N’ayant aucune crainte de Dieu et aucun égard pour sa Vérité, nous sommes donc voués à affronter sa colère si nous sommes abandonnés à nos propres moyens. Car en tant que pécheurs impies, qui n’honorent pas Dieu, n’obéissent pas à sa volonté et ne recherchent pas la gloire de son nom, notre salaire est la mort (Romains 6:23), le tourment éternel en enfer. D’une telle ruine, nul autre que Dieu ne peut délivrer, car “Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon. Le rachat de leur âme est cher, et n’aura jamais lieu; ils ne vivront pas toujours, ils n’éviteront pas la vue de la fosse” (Psaume 49:7-9).

     La vérité véhiculée par ces versets est que, puisque le péché est une offense contre le Dieu infiniment saint, aucun simple mortel (une créature limitée) n’est capable de payer la rançon suffisante pour satisfaire à la demande de justice de Dieu et échapper à l’enfer. Il faut une punition infinie pour apaiser la colère de Dieu et expier chaque péché, ce qui rend impossible d’échapper à l’enfer par l’effort humain. Mais en Emmanuel (Dieu avec nous), il y a de l’espérance. Dans la plénitude de sa grâce, Dieu le Fils, l’Infini, est entré dans notre monde pour nous racheter. Il s’est offert volontairement en sacrifice propitiatoire (1 Jean 2:2) et en rançon pour nos péchés (Marc 10:45).

     De plus, puisque nul autre qu’un homme ne doit porter la culpabilité d’un autre homme, il était nécessaire que Dieu le Fils assume l’humanité. C’est pourquoi Il se fit chair, sans renoncer à sa divinité. Étant éternellement Dieu, le Fils de Dieu s’est fait pleinement homme afin d’endurer le châtiment que nous, enfants d’Adam, méritons à juste titre en tant que pécheurs. Ainsi, en tant que Dieu-Homme, le Fils de Dieu put être notre substitut et prit nos péchés sur Lui, puisqu’Il était pleinement homme, mais sans péché. Il put aussi endurer le châtiment infini de Dieu et apaiser sa colère infiniment sainte pour le salut de ceux dont Il porta le péché et les délivrer du pouvoir des ténèbres et de la mort, puisqu’Il était pleinement Dieu; car seul le Dieu infiniment saint peut payer intégralement la dette infinie que Lui doit l’homme pécheur (cf. Psaume 49:15).

     La venue du Fils de Dieu dans la chair était donc extrêmement cruciale en raison de sa centralité dans le plan de rédemption de Dieu. À propos de l’Incarnation du Fils de Dieu, l’auteur de l’épître aux Hébreux écrit dans Hébreux 2:14-15, “Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, Il y a également participé Lui-même, afin que, par la mort, Il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est à dire le diable, et qu’Il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude.” Alors que les deux premières propositions du verset 14 précisent “pourquoi” le Fils de Dieu s’est fait chair, la dernière proposition et l’intégralité du verset 15 énoncent clairement ce qu’Il a accompli par son Incarnation. Ceci nous amène au troisième point: 

     C- Le bienfait de l’Incarnation

     Par son Incarnation, le Fils de Dieu assure notre salut de la captivité spirituelle et expie la dette infinie “qui subsistait contre nous” (Colossiens 2:14). Car, outre notre délivrance de nos ravisseurs que sont le péché, la chair, le monde et Satan, le Seigneur notre Dieu s’est revêtu d’humanité pour nous affranchir de sa sainte colère provoquée par nos transgressions.

     Sans Dieu dans le monde, nous vivions dans l’ombre des ténèbres comme des esclaves spirituels et des captifs sans espoir. “Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. Nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres”comme le témoigne l’Esprit de Vérité par l’Apôtre Paul dans Éphésiens 2:1-3.

     “Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus vivants avec Christ (c’est par grâce que vous êtes sauvés); Il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ” (Éphésiens 2:4-7).

     Ainsi, les chaînes qui nous retenaient autrefois captifs ont été brisées. Pour notre délivrance spirituelle, le Fils éternel et immortel de Dieu s’est fait chair et a enduré la mort sur la croix. “Celui qui n’a point connu le péché, Il L’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en Lui justice de Dieu” (2 Corinthiens 5:21). Le Fils de Dieu est le Soleil de justice qui s’est levé sur nous, apportant la guérison dans ses rayons (Malachie 4:2), la Lumière qui a brillé sur nous d’en haut pour illuminer notre nuit et nous délivrer du pouvoir des ténèbres et de l’asservissement. C’est pourquoi, parlant de sa venue au monde, Ésaïe compare le premier avènement du Christ (l’Incarnation) à l’apparition de la lumière sur ceux qui vivaient dans les ténèbres. Il écrit dans Ésaïe 9:2, “Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, et la lumière a relui sur ceux qui habitaient au pays de l’ombre de la mort.”

     Nous étions autrefois prisonniers des ténèbres. Nous ne pouvions pas nous sauver nous-mêmes; nous étions incapables de retrouver le chemin qui mène à la Lumière (notre Dieu). Étant sans Dieu dans le monde, nous n’avions d’autre espoir que l’attente de sa colère ardente (cf. Éphésiens 2:12 ; Hébreux 10:27). Mais il y a environ deux mille ans, dans la plénitude de sa grâce, l’Éternel notre Dieu s’est fait chair et est entré dans notre royaume—ce monde plongé dans les ténèbres et le péché—pour guérir nos cœurs malades, briser les chaînes qui nous retenaient prisonniers, nous ranimer et nous guider sur le chemin de la vérité. Le Christ est venu nous purifier l’âme, afin que nous retrouvions la santé spirituelle et la communion avec notre Dieu. Il est venu à nous dans notre désespoir, obscurité, aveuglement, misère et mort spirituelle, apportant la bonne nouvelle aux pauvres, la liberté aux captifs et le recouvrement de la vue aux aveugles. Il a libéré les opprimés et proclamé l’année de grâce du Seigneur (Luc 4:18-19; voir aussi Ésaïe 61:1-2a).

     Par son sacrifice expiatoire, destiné ultimement à apaiser la colère de Dieu en notre faveur, le Seigneur Jésus-Christ a vaincu tous nos ennemis, à savoir la chair, le péché, Satan et le monde. En tant que chrétiens, nous ne vivons plus sous l’emprise du péché, car celle-ci a été brisée. Le Christ a vaincu le pouvoir du péché dans nos vies, de sorte que le péché n’a plus d’emprise sur nous. Le péché n’est plus notre maître; le péché ne règne plus dans notre cœur. Bien que nous péchions encore, nous ne pratiquons pas l’iniquité—comme il est écrit: “Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu” (1 Jean 3:9). De plus, le jour viendra où le Seigneur nous libérera complètement de la présence même du péché, lors de la rédemption de nos corps (Romains 8:23). Dès lors, nous serons parfaitement saints. Nous ne pécherons plus jamais, mais obéirons parfaitement à notre Dieu et vivrons pour toujours dans la bénédiction et la félicité de sa glorieuse présence.

     Par ailleurs, la venue de Dieu le Fils dans le monde nous a affranchis du pouvoir du malin. Autrement dit, nous qui sommes en Christ ne sommes plus sous l’emprise de Satan, car sa tête a été écrasée à la croix. De même, le monde et la chair ont perdu leur emprise sur nous. Le Christ est venu à nous, plein de grâce et de vérité, et Il a ouvert notre cœur à la Parole de Dieu; Il nous a transformés, de fils de la rébellion en chênes de justice, de peuple de la nuit en enfants de lumière; Il a détourné nos pensées des choses du monde pour nous tourner vers celles de Dieu.

     L’Incarnation est un prodige sans pareil, et son bienfait pour nous qui sommes en Christ est extrêmement immense. Nous étions jadis captifs des ténèbres. Mais par son Incarnation, le Christ notre Seigneur nous a libérés de nos ravisseurs et a fait de nous “un royaume et des prêtres pour notre Dieu” (Apocalypse 5:10). En Christ, nous avons été adoptés dans la famille de Dieu. Nous ne sommes plus des enfants de colère, mais la joie de notre Dieu, son héritage éternel, “une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que [nous] annoncions les vertus de Celui qui [nous] a appelés des ténèbres à son admirable lumière” (1 Pierre 2:9).

     Ainsi, alors que par sa providence et des interventions miraculeuses, Dieu a assuré la protection de son peuple contre les ennemis physiques et les adversités à travers les âges, c’est par sa venue dans la chair qu’Il a opéré notre délivrance de sa sainte colère et de la domination perverse des ennemis spirituels, assurant ainsi notre restauration dans sa glorieuse présence. Il a garanti le salut de notre âme par notre rédemption éternelle en triomphant du pouvoir du péché et de ses conséquences, de Satan, du monde et de la chair. Jadis ennemis de toute justice et proies de tous ces vils adversaires, nous étions sans espoir.

     Mais par son Incarnation, le Fils de Dieu nous a gracieusement donné, à nous ses élus, la justice requise par Dieu. Ayant été né sous la Loi, le Christ en a observé toutes les exigences pour nous—Il a mené une vie parfaitement sans péché (cf. 1 Pierre 2:22)—et par sa mort sur la croix, Il a expié nos péchés et nous a sauvés de la colère de Dieu. “Il a pris nos péchés sur Lui et les a portés dans son corps, sur la croix, afin qu’étant morts pour le péché, nous menions une vie juste. Oui, c’est par ses blessures que vous avez été guéris” (1 Pierre 2:24).

     Le Fils de Dieu a bu la coupe amère qui nous était réservée et est ressuscité pour notre justification, afin que nous ne soyons pas consumés par la juste et sainte colère de Dieu. Il nous a ouvert l’accès au lieu très saint en déchirant le voile qui nous en empêchait (Matthieu 27:50-51, Marc 15:37-38, Luc 23:45). C’est pourquoi nous pouvons maintenant entrer dans la sainte présence de Dieu “par la route nouvelle et vivante qu’Il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair” (Hébreux 10:19-20). De plus, Il a vaincu les ennemis spirituels pervers qui nous tenaient captifs, afin que nous ne soyons plus esclaves de l’injustice—inutiles à Dieu—mais afin que nous devenions esclaves de la justice, esclaves de l’Éternel notre Dieu (cf. Romains 6:22; 1 Corinthiens 7:22).

     Après avoir accompli son œuvre de rédemption, le Christ est retourné dans sa demeure céleste et a pris place à la droite du Père, où Il intercède sans cesse pour nous en tant que notre Souverain Prêtre (Hébreux 1:3; Hébreux 7:25). Mais bien avant son ascension à la gloire, durant sa vie sur terre, le Seigneur Jésus-Christ a assuré ses disciples de sa présence perpétuelle, disant: “Je ne vous laisserai pas orphelins, Je viendrai à vous” (Jean 14:18). Cette promesse a été accomplie le jour de la Pentecôte, une dizaine de jours après son ascension, lorsque la troisième Personne de la Trinité est venue établir sa demeure dans ses brebis.

L’effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte marque l’accomplissement de la promesse faite par le Christ à ses disciples dans Jean 14:18. Parce que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un et inséparables (cf. Jean 14:23), la venue du Saint-Esprit équivaut au retour du Christ à ses élusLe même Dieu qui est venu dans la chair pour nous racheter est le même Dieu qui est revenu dans l’Esprit pour nous appliquer l’œuvre qu’Il a accomplie. En raison de cette unité et de cette inséparabilité qui caractérisent la Trinité, Romains 8:9 désigne le Saint-Esprit à la fois comme “l’Esprit de Dieu” et “l’Esprit du Christ.” Dans Galates 4:6, Paul dit à ses lecteurs: “Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie: Abba! Père!” Dans Actes 16:7, Philippiens 1:19 et 1 Pierre 1:11, le Saint-Esprit est respectivement appelé “l’Esprit de Jésus,” “l’Esprit de Jésus-Christ,” et “l’Esprit du Christ.”

     Dans cette section, nous explorerons trois points essentiels: ce qui a changé à propos de la présence de Dieu suite à l’avènement du Saint-Esprit (A), pourquoi la venue du Saint-Esprit (B) et les œuvres continues du Saint-Esprit (C).

     A- Ce qui a changé à propos de la présence de Dieu

     Lors de l’Incarnation, Dieu était avec ses disciples en chair d’homme: ils L’entendirent parler et Le virent de leurs yeux; ils Le contemplèrent et Le touchèrent de leurs mains (1 Jean 1:1); ils mangèrent et burent avec Lui (cf. Matthieu 26:17, 20-21, 26-29; Marc 2 :16; Jean 21:12-13). Mais lorsqu’ils apprirent son retour imminent à la gloire, leurs cœurs furent troublés. Pourtant, il était avantageux pour eux que le Fils retourne auprès du Père, afin que le Saint-Esprit, la troisième Personne de la Trinité, puisse venir leur appliquer l’œuvre accomplie par le Fils (Jean 16:7). C’est pourquoi, en prévision de son retour à la gloire, le Seigneur Jésus-Christ rassura ses disciples en disant: “Je ne vous laisserai pas orphelins, Je reviendrai à vous” (Jean 14:18).

   Ainsi, l’ascension du Fils à la gloire ne signifiait pas qu’Il abandonnait ses disciples comme des brebis sans berger, car Il leur reviendrait d’une manière nouvelle et bien plus intime. Cette fois, Il ne se contenterait pas d’être avec eux, mais Il résiderait en eux de façon permanente. Il le leur avait promis durant sa vie sur terre, en disant: “Si vous M’aimez, respectez mes commandements. Quant à Moi, Je prierai le Père et Il vous donnera un autre Consolateur afin qu’Il reste éternellement avec vous: l’Esprit de la vérité, que le monde ne peut pas accepter parce qu’il ne Le voit pas et ne Le connaît pas. Mais vous, vous Le connaissez, car Il reste avec vous et Il sera en vous” (Jean 14:15-17).

     B- Pourquoi la venue du Saint-Esprit

    La venue du Saint-Esprit à la Pentecôte est le deuxième événement majeur (non pas par ordre d’importance, mais chronologiquement parlant) par lequel Dieu accomplit, à une plus grande échelle et avec des implications théologiques profondes, ce qu’Il avait promis à Achaz. 

     La venue du Saint-Esprit est aussi importante que l’Incarnation, car les deux événements concourent à parts égales à l’accomplissement du plan que Dieu a conçu pour la rédemption de son peuple. La présence du Saint-Esprit en nous est la marque de notre appartenance au Christ et le sceau de notre espérance—la garantie de la gloire future (Colossiens 1:27). Nous ne devons jamais exalter le ministère d’un Membre de la Trinité par rapport à celui des Autres. Car non seulement les trois Personnes de Dieu sont égales (et donc également dignes d’un honneur infini), mais leurs ministères sont également importants et indissociables, tout comme les trois Membres de la sainte Trinité (le Père, le Fils et le Saint-Esprit) sont eux-mêmes inséparables.

     Malgré la spécificité du rôle de chaque Personne, une inséparabilité absolue caractérise le ministère des Membres de la Trinité: dans l’éternité passée, le Père a élu inconditionnellement un peuple pour le salut et l’a donné en héritage au Fils; il y a environ deux mille ans, le Fils s’est revêtu d’humanité (sans se dépouiller de sa divinité) et est entré dans notre monde, rachetant par son sang ceux que le Père Lui a donnés; après l’ascension du Fils à la gloire, le Saint-Esprit est venu à la Pentecôte pour leur appliquer l’œuvre accomplie par le Fils, la rédemption acquise par son sang (cf. 2 Thessaloniciens 2:13-14; Tite 3:4-7).

     Ainsi, l’élection inconditionnelle par le Père, la rédemption par le Fils et l’application par le Saint-Esprit sont des actes divins tout aussi essentiels et indissociables qui, ensemble, accomplissent un seul et même but: le salut des élus de Dieu et leur restauration dans sa sainte présence. Une âme choisie pour le salut (par le Père) doit être rachetée (par le Fils), régénérée et sanctifiée (par le Saint-Esprit) afin d’entrer et de jouir éternellement de la glorieuse présence de Dieu.

     Le Saint-Esprit nous scelle pour assurer notre adoption éternelle dans la famille de Dieu et notre participation à l’héritage glorieux des saints. Comme Paul l’écrit à l’Église d’Éphèse: “En Lui vous aussi, après avoir entendu la Parole de la vérité, l’Evangile de votre salut, en Lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, Lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, pour célébrer sa gloire” (Éphésiens 1:13-14).

     L’Esprit circoncit notre cœur, nous accorde la foi salvatrice et nous conduit à la repentance. Simultanément à notre régénération (la circoncision de notre cœur), Il commence à nous sanctifier, mettant à mort les péchés de notre cœur (cf. Romains 8:13), afin de nous conformer à l’image du Christ. Autrement dit, outre notre régénération (qui ne se produit qu’une seule fois dans la vie), par laquelle l’Esprit nous fait participants de la nature divine, ses fonctions ministérielles comprennent également notre sanctification—un processus qui dure toute la vie et par lequel Il nous purifie et nous transforme d’un degré de sainteté à l’autre. Ainsi, Paul note dans 2 Corinthiens 3:17-18, “Or le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. Nous tous qui, sans voile sur le visage, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son image, de gloire en gloire, par l’Esprit du Seigneur.

     Ainsi, tout au long de notre pèlerinage sur terre, l’Esprit du Seigneur notre Dieu œuvre en nous, nous rendant capables de marcher dans la sainteté et nous dotant d’une sainteté pratique. 

     C- Les œuvres continues du Saint-Esprit

     Les œuvres continues de l’Esprit-Saint dans notre vie de croyants sont extrêmement importantes et comprennent, entre autres, son ministère d’enseignement, tel que  le Seigneur Jésus-Christ l’a annoncé aux disciples: “Je vous ai dit ces choses pendant que Je demeure avec vous. Mais le Consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que Je vous ai dit” (Jean 14:25-26). L’Esprit-Saint nous enseigne toutes choses—c’est-à-dire tout ce qui concerne Dieu et les choses de Dieu—afin que nous puissions discerner sa volonté, grandir dans sa connaissance et son amour, et ainsi être capables de vivre dans la fidélité et l’obéissance à notre Dieu. Et Il nous convainc de péché et nous conduit à la repentance au quotidien lorsque nous trébuchons.

     Par ailleurs, l’Esprit du Seigneur mène ses rachetés sur le chemin de la vérité. À ce sujet, le Seigneur Jésus dit à ses disciples dans Jean 16:13-15, “Quand le Consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, Il vous conduira dans toute la vérité; car Il ne parlera pas de Lui-même, mais Il dira tout ce qu’Il aura entendu, et Il vous annoncera les choses à venir. Il Me glorifiera, parce qu’Il prendra de ce qui est à Moi, et vous l’annoncera. Tout ce que le Père a est à Moi; c’est pourquoi J’ai dit qu’Il prend de ce qui est à Moi, et qu’Il vous l’annoncera.”

     L’Esprit intercède aussi pour nous; Il “nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit Lui-même intercède par des soupirs inexprimables” (Romains 8:26). De plus, l’Esprit nous équipe pour l’évangélisation. Avant son ascension vers la gloire, le Seigneur a promis à ses disciples qu’à sa venue, l’Esprit leur donnerait la force d’évangéliser—une promesse citée par Luc dans Actes 1:8—“Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre” (Voir aussi Actes 2:1-12.)

     L’Esprit nous donne aussi des dons pour le service. Ainsi, Paul écrit dans 1 Corinthiens 12:4-11, “Il y a diversité de dons, mais le même Esprit; diversité de services, mais le même Seigneur; diversité d’actes, mais le même Dieu qui accomplit tout en tous. Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour le bien de tous. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre une parole de connaissance, selon le même Esprit; à un autre la foi, par le même Esprit; à un autre des dons de guérisons, par le même Esprit; à un autre la possibilité de faire des miracles; à un autre la prophétie; à un autre le discernement des esprits; à un autre diverses langues; à un autre l’interprétation des langues. Mais toutes ces choses, c’est un seul et même Esprit qui les accomplit, en les distribuant à chacun en particulier comme Il le veut.”

     Il convient de noter, cependant, que les dons de miracles, de guérison, de prophétie et de langues ont cessé, car il s’agissait de dons de signes destinés à valider l’autorité des Apôtres et à authentifier le message qu’ils proclamaient, lequel est écrit pour notre instruction dans le Nouveau Testament. 

     L’Esprit nous donne ainsi la force d’accomplir des œuvres “pour le bien de tous” et la gloire de Dieu. Il “produit en [nous] le vouloir et le faire, selon son bon plaisir” (Philippiens 2:13). Délivrés des ténèbres, nous sommes devenus “son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions” phésiens 2:10). La présence de Dieu dans notre vie se manifeste ainsi par les fruits que nous portons en tant que croyants; car son Esprit œuvre en nous pour que le Christ soit formé en nous, et à travers nous afin que Dieu soit glorifié en nous.

     De plus, l’Esprit nous fortifie dans notre faiblesse. Dans l’exhortation qu’il adresse à l’Église d’Éphèse, Paul demande aux croyants de ne pas perdre courage face à ses souffrances pour la cause du Christ et de l’Évangile, et les assure de sa prière au Père pour leur fortification. Il écrit dans Éphésiens 3:14-19, “A cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père, de qui toute famille dans les cieux et sur la terre tire son nom, afin qu’Il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi; étant enracinés et fondés dans l’amour, que vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu.”

     L’Esprit nous donne également l’assurance de notre filiation et de notre sécurité éternelle, et nous remplit de confiance pour que nous puissions nous approcher “du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins” (Hébreux 4:16). Paul souligne dans Romains 8:14-17, “Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par Lequel nous crions: Abba! Père! L’Esprit Lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec Lui, afin d’être glorifiés avec Lui.”

     L’Esprit agit aussi comme notre Avocat face à nos accusateurs—une réalité que le Seigneur Jésus-Christ a soulignée durant son ministère sur terre, lorsqu’Il préparait les Douze à partir proclamer sa Parole. Il les avertit de la persécution qu’ils subiraient à cause de son nom, mais les rassura aussi de la protection divine, disant: “Voici, Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. Mettez-vous en garde contre les hommes; car ils vous livreront aux tribunaux, et ils vous battront de verges dans leurs synagogues; vous serez menés, à cause de Moi, devant des gouverneurs et devant des rois, pour servir de témoignage à eux et aux païens. Mais, quand on vous livrera, ne vous inquiétez ni de la manière dont vous parlerez ni de ce que vous direz: ce que vous aurez à dire vous sera donné à l’heure même; car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous” (Matthieu 10:16-20).

     Pour notre bien, Dieu le Fils a assumé l’humanité, afin de vivre pour nous et de mourir à notre place. “En Lui nous avons la rédemption par son sang, le pardon des péchés, selon la richesse de sa grâce, que Dieu a répandue abondamment sur nous par toute espèce de sagesse et d’intelligence" (Éphésiens 1:7-8). En Lui, nous avons reçu la sainteté requise, par laquelle nous nous tenons devant Dieu justifiés et sommes traités par Lui comme justes, en vertu de la justice du Christ qui nous est imputée—sa justice tant active que passive.

     Cependant, pour entrer dans la sainte présence de Dieu, il est non seulement requis que les pécheurs soient justifiés (devant Dieu), mais nous devons également être purifiés de toute souillure. C’est pourquoi, à travers notre régénération et notre sanctification progressive—qui commence à l’instant même où nous sommes régénérés—l’Esprit met à mort les péchés de notre cœur (cf. Romains 8:13), nous rendant de plus en plus semblables au Christ. Puis, lors de la rédemption de notre corps, l’Esprit nous délivrera de la présence même du péché, nous rendant parfaitement saints et pleinement conformes à l’image du Christ, afin que nous demeurions éternellement dans la sainte présence de notre Père. 

     Dieu le Saint-Esprit est ainsi venu nous conférer—à nous, les rachetés du Christ—notre nouvelle identité à travers son œuvre de régénération et de sanctification, et Il nous revêtira d’une sainteté parfaite lors de la révélation de Jésus-Christ, le Seigneur notre Roi. Après avoir été autrefois avec ses brebis dans la chair, Dieu réside désormais en ses saints et y restera à jamais. Cette vérité est étayée par la promesse que le Seigneur a faite à ses disciples juste avant qu’ “Il [ne soit] élevé pendant qu’ils Le regardaient, et une nuée Le déroba à leurs yeux” (Actes 1:9). Il leur dit: “Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que Je vous ai prescrit. Et voici, Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde” (Matthieu 28:19-20).

     Après l’Incarnation du Fils il y a environ deux mille ans et la venue du Saint-Esprit à la Pentecôte, le prochain événement majeur (chronologiquement parlant) dans le calendrier prophétique de Dieu, concernant sa présence avec ses enfants, est l’enlèvement de l’Église, lequel sera suivi par le second avènement du Fils.

L’enlèvement marque le moment où l’Église sera physiquement enlevée au ciel par le Seigneur avant la Tribulation qui s’abattra sur toute la terre, et ainsi nous serons toujours avec Lui. La nuit de sa trahison, avant qu’Il se soit arrêté, le Seigneur Jésus a adressé des paroles de réconfort à ses disciples afin de les préparer à affronter les événements qui allaient suivre—des événements qui allaient leur causer une grande détresse et les remplir de confusion et d’anxiété. Il leur dit: “Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en Moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, Je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque Je m’en serai allé, et que Je vous aurai préparé une place, Je reviendrai, et Je vous prendrai avec Moi, afin que là où Je suis vous y soyez aussi” (Jean 14:1-3).

     Ces paroles, “Je reviendrai, et Je vous prendrai avec Moi, afin que là où Je suis vous y soyez aussi”, font référence à l’enlèvement de l’Église, lorsque le Seigneur Jésus-Christ reviendra juste pour rassembler ses brebis dans sa demeure céleste. Il ressuscitera les saints qui sont morts et les rassemblera dans les nuées, avec ses brebis qui seront encore vivants, et les emmènera tous dans son royaume céleste. Ainsi, le Seigneur nous gardera “à l’heure de l’épreuve qui va venir sur le monde entier pour éprouver tous les habitants de la terre” (Apocalypse 3:10). Car Il nous prendra (son Église) auprès de Lui avant que la Grande Tribulation ne s’abatte sur le monde entier.

     Dans 1 Thessaloniciens 4:13-18, l’Apôtre Paul apporte des précisions au sujet de la résurrection des saints et de l’enlèvement de l’Église qui s’ensuivra. Il écrit: “Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui sont décédés, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance. Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu’Il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec Lui ceux qui sont décédés. Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d’après la parole du Seigneur: nous les vivants, restés pour l’avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont décédés. Car le Seigneur Lui-même, à un signal donné, à la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles.”

     Paul écrit également dans 1 Corinthiens 15:51-52,  Voici, je vous dis un mystère: nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés.”

     Actuellement, la promesse de Dieu d’être avec nous (son Église) s’accomplit par la présence du Saint-Esprit en nous: “Il est l’arrhe de notre héritage jusqu’à la rédemption de la possession qu’Il a acquise, à la louange de sa gloire” (Éphésiens 1:14). Mais le jour vient où le Seigneur nous enlèvera au ciel, et ainsi, non seulement Il continuera de demeurer en nous par son Esprit, mais Il sera visiblement et physiquement présent avec nous. Comme Paul le souligne dans Philippiens 3:20-21, “Mais nous, nous sommes citoyens des cieux, d’où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu’Il a de s’assujettir toutes choses.”

     Après l’enlèvement de l’Eglise, auront lieu au ciel les noces de l’Agneau, où retentira “la voix d’une foule nombreuse, comme un bruit de grosses eaux, et comme un bruit de forts coups de tonnerre, disant: Alléluia! Car le Seigneur, notre Dieu tout-puissant, est entré dans son règne. Réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse, et donnons-Lui gloire; car les noces de l’Agneau sont venues, son épouse s’est préparée, et Il lui a été donné de se revêtir d’un fin lin, éclatant, pur; car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints” (Apocalypse 19:6-8). L’Épouse recevra également sa récompense (1 Corinthiens 3:10-15; 1 Corinthiens 4:5; 2 Corinthiens 5:9-10). Plus tard, le Roi Jésus-Christ reviendra sur terre avec son Épouse pour établir son royaume millénaire.

     L’Évangile selon Matthieu affirme que le retour du Roi sur terre aura lieu juste après la Grande Tribulation (dont Il a épargné son Église). Matthieu 24:29-31 dit: “Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel et les puissances célestes seront ébranlées. Alors le signe du Fils de l’homme apparaîtra dans le ciel; tous les peuples de la terre se lamenteront et ils verront le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire. Il enverra ses anges avec la trompette retentissante et ils rassembleront ceux qu’Il a choisis des quatre coins du monde, d’une extrémité du ciel à l’autre” (Voir aussi Apocalypse 19:11-21; Apocalypse 20:6.)

     Il est important de noter que les élus mentionnés dans ce passage—ceux rassemblés par les anges au retour du Christ—sont les saints de la Tribulation, c’est-à-dire ceux qui deviendront chrétiens après l’enlèvement de l’Église. Bien qu’ils endureront la Tribulation, ils seront rassemblés auprès du Christ lors de son second avènement et demeureront à l’ombre de ses ailes dans son royaume. Comme le dit Ésaïe 4:5-6, “L’Éternel établira, sur toute l’étendue de la montagne de Sion et sur ses lieux d’assemblées, une nuée fumante pendant le jour, et un feu de flammes éclatantes pendant la nuit; car tout ce qui est glorieux sera mis à couvert. Il y aura un abri pour donner de l’ombre contre la chaleur du jour, pour servir de refuge et d’asile contre l’orage et la pluie.”

     Ainsi, la présence protectrice du Seigneur abritera ses enfants à son retour. Il établira son trône à Jérusalem (cf. Ézéchiel 48:35) et instaurera une paix ininterrompue sur la terre (cf. Ésaïe 9:7). “Il sera le Juge des nations, l’Arbitre d’un grand nombre de peuples. De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, et de leurs lances des serpes: une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre” (Ésaïe  2:4; voir aussi Michée 4:3).

     Le règne terrestre du Christ marquera la transition entre l’état de ténèbres qui caractérise actuellement le monde des hommes et le renouvellement de toutes choses. Ce renouvellement inaugurera le dernier événement crucial du calendrier prophétique de Dieu concernant sa présence: sa demeure avec ses saints dans un nouveau ciel et une nouvelle terre.

La promesse de l’Éternel d’être avec ses brebis s’est accomplie d’abord par l’Incarnation de Dieu le Fils, suivie par la résidence du Saint-Esprit en nous. Actuellement, nous qui sommes en Christ, attendons avec une vive espérance d’être enlevés au ciel par le Seigneur Dieu notre Sauveur, où nous recevrons notre récompense de sa main et célébrerons les noces de nos fiançailles avec Lui. Ensuite, notre Roi reviendra sur terre avec nous pour y régner pendant mille ans.

     Lorsque les mille ans seront écoulés, le Seigneur vaincra définitivement tous ses ennemis et débarrassera la terre de tout mal. Le feu descendra de sa demeure et consumera les nations—Gog et Magog—qui se seront alliées à Satan après sa libération de prison (voir Apocalypse 20:1-3, 7-9) pour attaquer le camp des saints et la ville bien-aimée. Ensuite, Satan lui-même sera jeté dans l’étang de feu et de soufre, où la bête et le faux prophète auront été jetés avant lui (Apocalypse 20:10).

     Après la défaite du Malin et de ses alliés, le Seigneur convoquera tous les méchants pour le Jugement du Grand Trône Blanc. Il jugera chacun selon ses œuvres, telles qu’elles sont consignées dans les livres, avant de les jeter dans l’étang de feu (Apocalypse 20:11-15).

     Après le Jugement dernier, le Seigneur enroulera les cieux et la terre actuels comme un vêtement (Ésaïe 34:4; Hébreux 1:10-12; Hébreux 12:26-27; 2 Pierre 3:7-10; Matthieu 24:35) et créera un nouveau ciel et une nouvelle terre. “D’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem [descendra], préparée comme une mariée qui s’est faite belle pour son époux, ayant la gloire de Dieu. [Elle aura un] éclat semblable à celui d’une pierre très précieuse, d’une pierre de jaspe transparente comme du cristal”  (Apocalypse 21:2,11). Là, l’Éternel notre Dieu “habitera avec [nous, nous serons] son peuple et Dieu Lui-même sera avec [nous], Il sera [notre] Dieu. Il essuiera toute larme de [nos] yeux, la mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui existait avant aura disparu” (Apocalypse 21:3-4).

     Ainsi, notre Dieu établira sa demeure éternelle avec nous, ses saints, dans un monde nouveau. “Et toute chose maudite ne sera plus, mais le trône de Dieu et de l’Agneau sera en elle, et nous Le servirons; et verrons sa face, et son nom sera sur notre front. Il n’y aura plus de nuit; et nous n’aurons besoin ni de lampe ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu nous éclairera. Et nous régnerons aux siècles des siècles” (Apocalypse 22:3-5).

     Pendant que nous attendons avec une vive aspiration la consommation de toutes choses, lorsque le Seigneur notre Dieu établira sa demeure parmi nous dans un monde nouveau et parfait, nous ne devons pas manquer de reconnaître et d’apprécier que, même dans ce monde brisé et rempli de douleur où nous vivons actuellement, Il a toujours été avec nous, ses enfants. Nous devons valoriser sa présence plus que tout et en jouir pleinement, quels que soient les changements de nos circonstances. À cette fin, nous ne devons laisser aucune fausse conception embrumer notre esprit, de peur que notre âme ne demeure dans la confusion. Car l’état de paix profonde (d’où jaillit la joie dans le Seigneur, même au milieu des conflits et des agitations) ne peut être atteint que lorsque l’esprit est purifié de toute perception erronée et imprégné de la vérité de Dieu, et que le cœur est amené à demeurer véritablement et pleinement dans le Seigneur notre Dieu.

     Afin de dissiper les erreurs courantes de notre époque qui obscurcissent le but et la réalité de la présence du Seigneur, nous allons maintenant passer en revue plusieurs vérités scripturaires essentielles. Nous conclurons ensuite par quelques applications pratiques nécessaires à une profonde appréciation et une jouissance parfaite de la présence du Seigneur avec nous jusqu’à son retour.

Avant d’examiner ces vérités, nous allons d’abord mettre en lumière quelques idées fausses et courantes que beaucoup se font aujourd’hui concernant le but et la réalité de la présence du Seigneur.

     Nous vivons à une époque où le but et la réalité de la présence du Seigneur sont souvent mal compris, même par certains qui professent la foi. Beaucoup nourrissent l’illusion que le Seigneur est entré dans notre monde pour nous offrir une vie exempte d’épreuves, qu’Il est venu nous faciliter l’existence, nous garantir le bonheur ici-bas et nous épargner toute souffrance. Poussés par cette erreur, beaucoup se tournent vers le christianisme uniquement pour échapper aux difficultés de cette vie. En réalité, ils voient Dieu non comme le Souverain de leur corps et de leur âme, mais comme un moyen de satisfaire leurs désirs égocentriques et les mauvaises passions de la chair. Ils n’aspirent qu’au confort matériel et à la sécurité temporelle. Ils attendent de Dieu qu’Il leur garantisse une existence exempte de difficultés (cf. Israël dans le désert). C’est pourquoi, lorsque leurs attentes ne se concrétisent pas, ils murmurent contre Dieu et s’en éloignent, désillusionnés.

     Outre cette conception trompeuse, il existe aussi la fausse croyance que la souffrance intense est un signe d’abandon par Dieu ou de déclin de son amour. Par conséquent, face à de dures épreuves, beaucoup se plaignent amèrement, car ils pensent que Dieu leur a tourné le dos. Au lieu de se rapprocher de Dieu dans une dépendance totale, de chercher constamment sa face pour obtenir sa grâce et de L’implorer pour obtenir du secours (comme toute souffrance devrait nous y inciter), ils négligent la prière et la lecture de la Bible. Ce faisant, ils se privent du soutien vital, de la lumière, du réconfort, de la force et de l’encouragement que seules la communion avec Dieu et sa Parole peuvent apporter.

     Ainsi, en raison d’une mauvaise appréhension du rôle de la souffrance dans la vie du peuple de Dieu, beaucoup laissent leur âme sombrer dans la confusion, car ils ne comprennent pas que la souffrance est un instrument de grâce employé par Dieu, non pour consumer ses brebis, mais pour les affiner et les façonner avec amour, afin de les conformer à l’image de son Fils (cf. Romains 8:28-29), et que sa présence avec les siens est constante. De plus, la souffrance favorise la dépendance à l’égard de Dieu, brise l’orgueil pécheur et met en valeur la gloire de Dieu lorsqu’Il nous accorde la grâce suffisante pour endurer le feu purificateur des afflictions plutôt que de nous en délivrer (2 Corinthiens 12:9-10). 

     C’est aussi dans la souffrance que la rencontre avec le Dieu vivant se matérialise souvent et que sa présence devient plus tangible (cf. les trois amis de Daniel au milieu de la fournaise ardente, Daniel 3:24-25; voir aussi Étienne devant ceux qui le lapidaient, Actes 7:54-59). Croire que Dieu n’est pas avec nous dans nos afflictions est donc théologiquement inexact, puisque la Bible nous dit le contraire. Car ainsi promet le Seigneur à ses enfants dans Ésaïe 43:2, “Si tu traverses les eaux, Je serai avec toi; et les fleuves, ils ne te submergeront point; si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et la flamme ne t’embrasera pas.” Il nous assure encore: “Et Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle” (Matthieu 28:20). Le psalmiste confesse dans Psaume 34:18, “L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et Il sauve ceux dont l’esprit est abattu.” Psaume 46:1 ajoute: “Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours toujours présent dans la détresse.” Dans Psaume 23:4, David témoigne de la présence indéfectible du Seigneur à ses côtés, même dans les ténèbres de son affliction. Il déclare: “Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car Tu es avec moi: ta houlette et ton bâton me rassurent.”

     Non seulement c’est une hérésie de soutenir que Dieu n’est pas présent dans nos souffrances—ce qui jette le discrédit sur son caractère en méprisant ses promesses—mais répondre à la souffrance par du ressentiment revient à rejeter la grâce de Dieu et sa sollicitude envers notre âme. Car Il a ordonné nos afflictions dans le but de notre sanctification et notre croissance spirituelle (cf. Psaume 119:71; voir aussi Jacques 1:2-4; Romains 5:3-5).

     Cette incompréhension du but de la présence de Dieu est aggravée par le mensonge du subjectivisme répandu ces derniers temps, par lequel la réalité de la présence divine est réduite à de simples expériences religieuses. De nos jours, beaucoup placent leurs sentiments au-dessus de la vérité en assimilant l’intensité de leurs émotions à la présence de Dieu à leurs côtés. En d’autres termes, ils pensent que Dieu n’est “là” que s’ils ressentent une forte exaltation émotionnelle. À leurs propres risques et périls, ils réduisent la présence divine à leurs caprices psychologiques, allant même jusqu’à prétendre entendre de Dieu ce qui n’est rien d’autre que l’écho de leurs propres pensées illusoires.

     Il y a un grand danger à embrasser l’erreur selon laquelle la présence de Dieu se vérifie par des impressions et s’appréhende par ce que nous ressentons, car cela substitue l’objet de notre confiance, remplaçant Dieu par des sentiments personnels. Plutôt que de s’appuyer sur le caractère immuable de Dieu, on dépend d’émotions subjectives. Par conséquent, lorsque l’exaltation émotionnelle s’estompe, le doute s’installe ou naît une soif excessive, non pas de Dieu—l’ancre sûre et inébranlable de l’âme—mais d’une expérience renouvelée, un désir ardent d’extase intérieure, qui réduit l’individu à un esclave de l’illusion.

     Le but de la venue de Dieu dans le monde et de sa présence constante avec nous n’est pas de mettre fin à nos souffrances dans cette vie. Endurer la souffrance n’est pas non plus un signe d’abandon par Dieu ni d’affaiblissement de son amour envers ses brebis. Dieu ne nous exempte pas de la souffrance dans ce monde. Au contraire, Il a décrété plusieurs types d’afflictions spécifiques que seuls ceux qui Lui appartiennent ont le privilège de connaître dans cette vie (cf. Philippiens 1:29), pour leur bien suprême et sa gloire—et ces afflictions, nous les examinerons dans les sections suivantes. Cependant, notre Dieu promet d’être avec nous dans toutes nos épreuves.

     De plus, nous n’avons pas besoin de vivre une expérience particulière ni de ressentir quoi que ce soit d’inhabituel pour avoir la conviction que notre Dieu est avec nous, car la certitude de sa présence repose sur sa promesse, sur son caractère immuable et sur sa fidélité. Comme il est écrit: “Dieu n’est pas un homme pour mentir, ni le fils d’un homme pour revenir sur sa décision. Ce qu’Il a dit, ne le fera-t-Il pas? Ce qu’Il a déclaré, ne l’accomplira-t-Il pas?” (Nombres 23:19). Par conséquent, nous pouvons avoir confiance que notre Dieu est avec nous, même lorsque nous traversons la vallée de l’ombre de la mort ou que nous sommes confrontés au silence, simplement parce qu’Il l’affirme et que sa parole est digne de confiance. Comme nous l’avons déjà été cité, Il le promet à ses brebis dans Ésaïe 43:2, “Si tu traverses les eaux, Je serai avec toi; et les fleuves, ils ne te submergeront point; si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et la flamme ne t’embrasera pas.”  “Et Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle” (Matthieu 28:20).

     Le Seigneur notre Dieu a promis d’être toujours avec nous. Sa promesse est immuable; Il n’a pas changé d’avis. Notre Dieu est avec nous!

     En tant que chrétiens, nous devons avoir une juste compréhension de ce que signifie la présence de Dieu avec nous; nous devons faire preuve de discernement, de peur de permettre aux idées fausses d’obscurcir ce qui est vrai et biblique. Toute idée fausse de ce genre entrave notre appréciation et notre pleine jouissance de la présence de notre Dieu dans cette vie. La définition biblique de “Dieu avec nous” ne porte pas sur une exemption des épreuves et des difficultés du monde actuel (cf. Matthieu 16:24). La présence manifeste de Dieu ne doit pas non plus être déterminée par des expériences émotionnelles. La présence de Dieu est une réalité objective, un accomplissement de sa promesse à ses élus (Ésaïe 7:14; Ésaïe 43:2; Matthieu 28:20; Hébreux 13:5), et non un sentiment subjectif fondé sur des fantasmes.

     De plus, la présence de Dieu avec ses brebis est uniquement destinée à l’accomplissement de sa volonté souveraine, à la louange de sa gloire. Dieu n’est pas entré dans ce monde dans le passé, et Il n’établira pas non plus sa demeure éternelle avec l’homme à la consommation du siècle pour accomplir la volonté de ce dernier, satisfaire ses désirs, le valoriser à ses propres yeux ou lui donner une bonne image de lui-même. Au contraire, Dieu nous a cherchés dans nos ténèbres pour nous détourner de la rébellion autodestructrice et nous conduire à l’obéissance à sa volonté parfaite. Il est venu nous arracher à l’obscurité, extirper l’orgueil de nos cœurs et ôter les œillères de nos yeux, afin que nous puissions contempler, savourer et honorer sa grandeur et ses qualités de caractère comme il se doit (cf. 2 Corinthiens 4:6), pour le bien ultime de nos âmes.

     Bien que le Seigneur promette l’absence de souffrance à ses rachetés dans la vie à venir, lorsqu’Il établira sa demeure éternelle avec nous, Il ne fait pas une telle promesse pour la vie présente.

     Les vérités bibliques sur la souffrance sont des lumières éclatantes qui dissipent les erreurs courantes de notre époque, tout en dotant l’esprit d’une perspective saine sur le but et la réalité de la présence de l’Éternel avec ses brebis, permettant ainsi au cœur d’être convenablement formé pour apprécier et jouir comme il se doit de la présence de Dieu.

     Dieu affirme clairement dans sa Parole que nous avons été appelés par Lui à souffrir pour la justice (A) dans cette vie. De plus, en tant que brebis de son pâturage, nous pouvons aussi endurer la souffrance à but correctif (B), à titre préventif (C) ou à des fins divines (D).

     A - Un appel à souffrir pour la justice

     L’Éternel déclare explicitement dans sa Parole que nous endurerons la persécution, le rejet, les insultes, les fausses accusations, le martyre et l’oppression dans ce monde à cause de son nom et de l’Évangile, tout comme Il a Lui-même souffert pour nous. “Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage, nous L’avons dédaigné, nous n’avons fait de Lui aucun cas” (Ésaïe 53:3). Pareillement, en tant que ses disciples, nous souffrirons pour la justice dans ce monde—“Et c’est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces” (1 Pierre 2:21).

     Souffrir pour la justice est un appel divin et une composante essentielle de notre vie nouvelle dans le Fils bien-aimé de Dieu. Nous n’appartenons plus au domaine de l’ennemi, mais au Christ, notre Dieu et Sauveur; nous ne sommes plus esclaves du royaume des ténèbres, mais esclaves du Christ, le Roi de gloire. Notre fraternité avec les fils de la désobéissance et notre amitié avec le monde ont pris fin; nous sommes devenus citoyens du royaume de lumière. Parce que l’inclination de notre cœur a changé à la suite de notre appel (cf. 2 Pierre 1:3-4), le monde nous perçoit désormais comme une menace en raison de notre position pour la Vérité; l’ennemi de notre Sauveur et Roi est maintenant devenu le nôtre en raison de notre union avec Lui. Parce que nous n’adhérons plus aux mensonges du monde, mais servons plutôt la Vérité, le monde nous hait et nous persécute. Comme Paul l’écrit dans 2 Timothée 3:12, Certes, “tous ceux qui veulent vivre avec piété en Jésus-Christ seront persécutés.”

     Pour bien faire comprendre cette réalité inévitable, le Seigneur dit à ses disciples dans Jean 15:19-20, “Si vous étiez du monde, le monde vous aimerait car vous seriez à lui. Vous n’êtes pas du monde, mais Je vous ai choisis du milieu du monde; c’est pour cela que le monde vous déteste. Souvenez-vous de la parole que Je vous ai dite: ‘Le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur.’ S’ils M’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre.” Puis, dans Jean 16:33, Il ajoute: “Vous aurez à souffrir dans le monde, mais prenez courage: Moi, J’ai vaincu le monde.”

     Souffrir pour la justice est une réalité incontournable pour nous qui sommes en Christ, en raison de l’hostilité (envers Dieu) qui caractérise le monde et notre union avec le Seigneur notre Dieu. Ainsi, le Seigneur met en garde dans Matthieu 10:17-18, 21-22, 38, “Méfiez-vous des hommes, car ils vous livreront aux tribunaux et vous fouetteront dans leurs synagogues. À cause de Moi vous serez conduits devant des gouverneurs et devant des rois pour leur apporter votre témoignage, à eux et aux non-Juifs. Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront mourir. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. Celui qui ne prend pas sa croix, et ne Me suit pas, n’est pas digne de Moi.” Il déclare également dans Jean 16:2, “On vous exclura des synagogues, et même l’heure vient où tous ceux qui vous feront mourir croiront offrir un culte à Dieu.”

     En tant que disciples du Christ, nous ne sommes pas exempts de souffrance; au contraire, nous sommes appelés à partager les souffrances du Christ, notre Seigneur et Sauveur. La Sainte Écriture regorge d’histoires de saints qui ont enduré de très graves souffrances infligées par les méchants en raison de leur fidélité à Dieu. Par exemple, Jérémie fut battu et mis au pilori; il fut également jeté dans une citerne boueuse pour avoir proclamé la Parole de Dieu. Daniel fut jeté dans la fosse aux lions parce qu’il refusa d’adresser ses requêtes au roi Darius, mais continua fidèlement à chercher la face de l’Éternel, son Dieu. Shadrach, Meshach et Abednego furent jetés vivants dans une fournaise ardente parce qu’ils ne s’étaient pas prosternés devant la statue d’or de Nabuchodonosor. Jean-Baptiste fut emprisonné et décapité par Hérode pour avoir dénoncé son mariage illégitime avec Hérodiade. Étienne fut faussement accusé et lapidé par ses adversaires. L’Église primitive fut férocement persécutée par les ennemis du Christ et de son Évangile.

     Du fait de notre union avec le Christ, l’Éternel notre Justice, souffrir pour la justice devient une réalité inévitable. Il est donc essentiel de maintenir une perspective biblique sur la souffrance. Souffrir pour la foi chrétienne est un privilège. Notre souffrance n’est jamais vaine ni fortuite. Ce n’est pas un entrave, mais un instrument conçu par notre Père céleste pour accomplir ses desseins en nous et à travers nous, pour notre bien suprême et sa gloire; ce n’est pas un signe d’abandon de la part de Dieu ou d’un déclin de son amour, mais plutôt un signe de notre salut et un témoignage de la grâce et de la puissance de notre Dieu qui œuvre pour nous conformer à l’image de son Fils Jésus-Christ. Par conséquent, nous devons avoir une attitude de cœur exemplaire lorsque nous souffrons en tant que chrétiens.

     Dans l’épreuve, une conduite irréprochable de notre part non seulement glorifie Dieu, mais fortifie aussi notre foi et contribue à notre sanctification. Ainsi, lorsque nous souffrons pour la justice, nous devons réagir d’une manière digne du Seigneur, en suivant son exemple—“Lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à Celui qui juge justement” (1 Pierre 2:23).

     La souffrance pour la justice témoigne de la sollicitude de notre Père céleste envers notre âme, car Il utilise chaque souffrance pour nous purifier (cf. Zacharie 13:9), nous fortifier et nous faire grandir spirituellement. Comme Paul le souligne dans Romains 5:3-5, l’affliction produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l’épreuve, et cette victoire l’espérance. Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.” La souffrance témoigne aussi de notre sécurité éternelle à travers la mise à l’épreuve de notre foi (cf. 1 Pierre 1:6-7). De plus, elle est un témoignage de la présence et de l’amour indéfectible de notre Père céleste qui nous soutient toujours dans chaque épreuve par son glorieux Esprit-Saint. Il nous préserve par la gloire de sa puissance et nous donne la force pour persévérer, pour tenir bon (sans vaciller comme le sable)—ce qui confirme notre adoption et nous remplit de l’assurance de notre salut.

     Nous devons donc affronter la souffrance pour la justice avec joie et non avec ressentiment. “Car c’est une grâce de supporter des afflictions par motif de conscience envers Dieu, quand on souffre injustement. En effet, quelle gloire y a-t-il à supporter de mauvais traitements pour avoir commis des fautes? Mais si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c’est une grâce devant Dieu” (1 Pierre 2:19-20).

     Dans sa lettre à l’Église de Philippes, Paul exhorte ses lecteurs à vivre d’une manière digne de l’Évangile du Christ notre Seigneur, de demeurer “fermes dans un même esprit, combattant d’une même âme pour la foi de l’Évangile, sans vous laisser aucunement effrayer par les adversaires” (Philippiens 1:27-28a). Autrement dit, leur conduite quotidienne doit être conforme à l’Évangile auquel ils croient, qu’ils enseignent et prêchent. De plus, ils doivent se distinguer par une unité inébranlable de cœur et d’esprit—essentielle pour vaincre un ennemi commun—et par leur courage, sans céder sous le poids de l’opposition. En effet, alors que les adversaires pensent que la souffrance endurée par ceux qui appartiennent au Christ présage leur ruine, c’est exactement le contraire qui est vrai, comme Paul le soutient ensuite. Pour encourager les croyants de Philippes à persévérer, Paul souligne la signification de leurs souffrances, d’abord à l’égard de leurs adversaires, puis leur propre égard. Il note: “[Cela] est pour eux une preuve de perdition, mais pour vous de salut;  et cela de la part de Dieu, car il vous a été fait la grâce, par rapport à Christ, non seulement de croire en Lui, mais encore de souffrir pour Lui” (Philippiens 1:28b-29).

     Comme Paul le souligne dans ces deux versets, persévérer dans la souffrance pour le Christ et l’Évangile est un gage de notre salut (cont. Marc 4:16-17) et un signe qui annonce le châtiment amer et la destruction éternelle des ennemis du Christ. De plus, souffrir en Christ est un don divin de la grâce.

     Paul développe ces vérités dans sa deuxième lettre à l’Église de Thessalonique, rendant grâce à Dieu et se réjouissant de leur croissance et de leur persévérance face à toutes leurs persécutions. Il écrit dans 2 Thessaloniciens 1:4-10, “Aussi nous glorifions-nous de vous dans les Églises de Dieu, à cause de votre persévérance et de votre foi au milieu de toutes vos persécutions et des afflictions que vous avez à supporter. C’est une preuve du juste jugement de Dieu, pour que vous soyez jugés dignes du royaume de Dieu, pour lequel vous souffrez. Car il est de la justice de Dieu de rendre l’affliction à ceux qui vous affligent,  et de vous donner, à vous qui êtes affligés, du repos avec nous, lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Evangile de notre Seigneur Jésus. Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force, lorsqu’Il viendra en ce jour-là pour être glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru—car notre témoignage auprès de vous a été cru.”

     Souffrir pour le Christ est un privilège incomparable, un don qui apporte une récompense éternelle: “nous souffrons avec Lui, afin d’être aussi glorifiés avec Lui” (Romains 8:17). Le Seigneur Lui-même déclare bienheureux ceux qui partagent ses souffrances, disant: “Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de Moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous” (Matthieu 5:11-12).

     En effet, non seulement devons-nous endurer la persécution, le rejet, les insultes, les fausses accusations, le martyre et l’oppression dans ce monde à cause de notre Seigneur, mais, en tant que ses brebis, nous pouvons aussi endurer la souffrance à titre correctif.

     B- la Souffrance corrective

     La souffrance corrective, également appelée souffrance disciplinaire, résulte du péché personnel et nous est infligée par notre Père céleste dans le but d’assurer notre sainteté. En tant que brebis du Christ, nous sommes appelés à mener une vie sainte, à nous séparer du péché. 1 Pierre 1:14-16 nous exhorte: “Comme des enfants obéissants, ne vous conformez pas aux convoitises que vous aviez autrefois, quand vous étiez dans l’ignorance. Mais, puisque Celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite, selon qu’il est écrit: Vous serez saints, car Je suis saint.”

     Bien que notre sanctification soit l’œuvre souveraine de l’Esprit de notre Père céleste, il nous incombe de poursuivre une vie sainte en luttant radicalement contre le péché (cf. Matthieu 5:29). Par conséquent, négliger la recherche de la sainteté et ne pas combattre nos péchés nous expose au châtiment de notre Père céleste, dont la volonté est notre sanctification (1 Thessaloniciens 4:3). Autrement dit, nous devons nous attendre à être corrigés, à être disciplinés par notre Père céleste lorsque nous choyons le péché au lieu de nous en séparer. Et cette souffrance corrective doit être accueillie avec un cœur humble, repentant et reconnaissant. Car tous ne sont pas disciplinés par notre Père céleste, mais seulement ses fils et ses filles—ceux qu’Il reçoit dans son amour.

     C’est pourquoi il nous est rappelé dans Hébreux 12:5-8, “Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, et ne perds pas courage lorsqu’Il te reprend; car le Seigneur châtie celui qu’Il aime, et Il frappe de la verge tous ceux qu’Il reconnaît pour ses fils. Supportez le châtiment: c’est comme des fils que Dieu vous traite; car quel est le fils qu’un père ne châtie pas? Mais si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non des fils.”

     La correction divine est un signe de notre filiation, du lien qui nous unit à notre Père céleste, et un témoignage de son amour indéfectible pour nous (cf. 2 Samuel 7:14-15). C’est pourquoi nous ne devons ni la mépriser ni la prendre à la légère; nous ne devons pas nous lasser d’être corrigés par notre Père céleste. Nous ne devons pas nous plaindre, mais nous soumettre; nous ne devons pas nous indigner, mais nous repentir. De plus, c’est pour assurer notre sanctification, et nous devons donc revêtir notre cœur de gratitude et d’humilité. Car “Dieu nous châtie pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté. Il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice” (Hébreux 12:10-11).

     La correction divine, ou souffrance disciplinaire, est un acte d’amour accompli par notre Père céleste, non seulement pour notre sanctification, mais aussi pour notre préservation. “Nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde” (1 Corinthiens 11:32). Paul a écrit ces paroles aux chrétiens de Corinthe, dont certains étaient repris par le Seigneur pour leur conduite pécheresse lors de la Sainte Cène. Aux versets 20 et 21, Paul leur adresse des reproches en disant: “Ainsi donc, lorsque vous vous réunissez, ce n’est pas pour prendre part au repas du Seigneur, car, dès que vous vous mettez à table, chacun s’empresse de prendre son propre repas, de sorte que l’un a faim, tandis que l’autre est ivre.”

     Les Corinthiens célébraient la Sainte Cène d’une manière qui ne rendait pas gloire au Seigneur et ne profitait pas à l’ensemble des croyants à Corinthe. À cause de leur conduite pécheresse, beaucoup d’entre eux furent frappés de faiblesse, de maladie et de mort par le Seigneur. Pourtant, Paul souligne que le châtiment qu’ils reçurent pour leur péché visait à les préserver, à leur éviter d’être condamnés avec le monde (1 Corinthiens 11:32).

     Par conséquent, nous ne devons jamais percevoir la correction divine comme un abandon, mais comme un signe de notre adoption dans la famille de Dieu, une démonstration de l’amour de notre Père céleste pour nous. Il fait tout le nécessaire pour nous préserver; Il nous afflige avec grâce afin de détourner nos cœurs du mal et de nous éviter d’être voués à la ruine éternelle.

     Ne pas discipliner son enfant est une pratique parentale déraisonnable et dangereuse, car cela favorise l’enracinement du mal dans le cœur de l’enfant plutôt que de le réfréner, condamnant son âme à l’esclavage spirituel et à la ruine. Ce type d’éducation révèle l’indifférence d’un parent envers le bien-être spirituel de son enfant et son manque d’amour pour lui. Mais parce qu’Il nous aime, notre Père céleste nous discipline pour extirper de notre cœur les désirs et les intentions impurs (cf. Jean 15:2), afin qu’ayant été sanctifiés, nous puissions demeurer dans sa présence glorieuse pour toujours. 

     Psaume 94:12 parle de la bénédiction que procure la discipline divine: “Heureux l’homme que Tu châties, ô Eternel! Et que Tu instruis par ta loi!”  Job 5:17-18 déclare: “Heureux l’homme que Dieu châtie! Ne méprise pas la correction du Tout-Puissant. Il fait la plaie, et Il la bande; Il blesse, et sa main guérit.”

     Le Seigneur a réprimandé l’Église de Laodicée pour sa tiédeur, disant: “Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, Je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, Je te conseille d’acheter de Moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, Je reprends et Je châtie tous ceux que J’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi” (Apocalypse 3:15-19).

     Dans Psaume 119:67, 71, le psalmiste reconnaît le bienfait de la discipline divine en soulignant que Dieu s’est servi de son affliction pour susciter en lui l’obéissance. Il écrit: “Avant que je fusse affligé, j’errais; mais maintenant je garde ta parole. Il est bon pour moi que j’aie été affligé, afin que j’apprenne tes statuts.”

     En tant qu’enfants du Très-Haut, nous cheminons dans les rues de ce monde moribond aux côtés de notre Père céleste qui ne nous abandonne jamais. Sa présence indéfectible à nos côtés est prouvée par le fait même que, lorsque nous nous écartons du chemin, Il est là pour nous discipliner comme il se doit; Il n’est pas comme un parent absent: jamais là pour voir comment ses enfants se comportent et pour les corriger lorsque cela s’avère nécessaire. Le châtiment divin témoigne que notre Dieu est constamment avec nous pour veiller sur notre conduite; c’est une démonstration de son amour paternel. Ainsi, lorsque nous souffrons, quelle que soit la nature de la souffrance, nous ne devons jamais l’assimiler à un abandon ou à un affaiblissement de son amour pour nous. Car sa promesse d’être avec nous demeure pour toujours et son amour pour nous est immuable et éternel.

     Outre la souffrance causée par les ennemis de la croix ou par notre propre péché, nous pouvons aussi endurer la souffrance à titre préventif.

     C- La Souffrance préventive

     La souffrance préventive est conçue par notre Père céleste pour nous dissuader de pécher; c’est une mesure de sauvegarde pour nous éviter d’être pris au piège de l’iniquité, de peur que nous ne nous souillions et ne manquions à glorifier le Seigneur notre Dieu dans notre corps. De plus, la souffrance préventive nous incite à dépendre de la grâce divine pour endurer chaque épreuve et vaincre tout adversaire.

     L’exemple le plus remarquable de souffrance préventive dans la Bible est celui de l’Apôtre Paul. Paul fut surnaturellement enlevé jusqu’au paradis, le troisième ciel, et “il entendit des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer”(2 Corinthiens 12:4). En raison du caractère extraordinaire de ces révélations, le Seigneur donna à Paul “une écharde dans la chair” à titre préventif, selon son conseil souverain, afin de l’empêcher de céder à l’orgueil.

     C’est pourquoi Paul lui-même explique dans 2 Corinthiens 12:7-9c, “Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, à cause de l’excellence de ces révélations, Il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter et m’empêcher de m’enorgueillir. Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi, et Il m’a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse.”

     La réponse du Seigneur à la supplication de Paul l’encouragea à se soumettre avec joie au sage conseil du Seigneur, à s’humilier sous sa main puissante, car il comprit le bienfait et la finalité de sa souffrance. Celle-ci n’était pas vaine, mais concourait à son bien suprême et à la gloire du Seigneur. Elle était conçue pour empêcher Paul de nourrir l’orgueil dans son cœur et pour révéler la grande puissance du Seigneur dans sa faiblesse. C’est pourquoi, malgré la douleur de l’épreuve, Paul prit cette résolution: “Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les insultes, dans les détresses, dans les persécutions, dans les angoisses pour Christ, car quand je suis faible, c’est alors que je suis fort” (2 Corinthiens 12:9d-10).

     Ainsi, en tant que peuple de Dieu, nous ne sommes pas seulement appelés à souffrir pour la justice aux mains des ennemis de l’Évangile. Nous devons aussi endurer la souffrance disciplinaire pour nos transgressions personnelles et la souffrance préventive, laquelle est conçue par le Seigneur notre Dieu pour nous dissuader de nous adonner au péché. Et outre ces trois formes de souffrance, la Bible en révèle une autre, qui n’est causée ni par les ennemis de l’Évangile, ni par l’iniquité personnelle, et encore moins destinée à prévenir le péché; car elle est décrétée pour des desseins divins.

     D- La Souffrance pour des desseins divins

     Ce type de souffrance est ordonné par l’Éternel pour accomplir ses desseins souverains et bienveillants et manifester sa gloire. Ces desseins peuvent être impénétrables à celui qui souffre (comme dans le cas de Job) ou lui être explicites (comme dans celui de Joseph, cf. Genèse 50:20); néanmoins, ils concourent tous au bien du croyant et à la gloire de notre Dieu béni.

     Selon sa sagesse et sa volonté souveraine, le Seigneur a providentiellement préordonné certaines afflictions qui ne sont ni une conséquence du péché, ni pour la cause de la justice, ni une mesure préventive, mais qui sont destinées à ses justes desseins, à notre bien suprême et à la manifestation de sa gloire.

     L’un des exemples bibliques de souffrance à des fins divines est celui de Job. Selon sa volonté souveraine et sa sagesse, Dieu a destiné Job à de terribles afflictions. Bien que la raison de la souffrance de Job lui soit restée cachée, la Parole de Dieu révèle clairement qu’elle était pour la gloire de l’Éternel, car elle a servi à démontrer la permanence de la foi salvatrice. L’Éternel a permis que Satan afflige Job afin de prouver à Satan que la fidélité de ses brebis n’a point pour source leur prospérité ou leur santé physique, et n’en dépend point (cf. Job 1:9-22; Job 2:3-10). Plutôt, cela a pour source et pour objet Dieu Lui-même. De plus, c’est Lui qui garantit et perfectionne notre foi; Il soutient ses brebis par son glorieux Esprit-Saint. En somme, le Seigneur est l’Auteur et le Consommateur de notre foi (Hébreux 12:2)—une vérité qu’Il affirme dans Jean 10:28-29: “Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père.”

     La vie de Joseph offre un autre exemple de souffrance endurée à des fins divines. Alors qu’il n’était qu’un adolescent, Joseph fut vendu comme esclave par ses frères; pourtant, cela se produisit conformément au décret souverain et éternel de Dieu, pour son dessein bienveillant (à savoir, la préservation de son peuple) et sa gloire. Contrairement à Job, Joseph finit par comprendre les desseins de Dieu derrière sa souffrance et déclara plus tard à ses frères: “Vous, vous aviez pensé du mal contre moi: Dieu l’a pensé en bien, pour faire comme il en est aujourd'hui, afin de conserver la vie à un grand peuple” (Genèse 50:20).

     Un autre exemple de souffrance à des fins divines est celui de l’aveugle-né relaté dans Jean 9. Sa cécité fut d’abord perçue à tort par les disciples comme une punition. Lorsqu’ils virent cet homme, ils interrogèrent le Seigneur Jésus: “Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle? Jésus répondit: Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui” (Jean 9:2-3). De même, dans Jean 11, nous avons le cas de Lazare, dont la maladie, selon les paroles du Seigneur, était “pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle” (Jean 11:4).

     Cependant, la souffrance la plus remarquable endurée pour une cause divine, rapportée dans la Sainte Écriture—et dans l’histoire de l’humanité—est la mort du Fils de Dieu sur la croix, décrétée par Dieu avant la fondation du monde pour le salut des pécheurs élus. Apocalypse 13:8 présente le Fils de Dieu comme “l’Agneau qui a été immolé.” “Prédestiné avant la fondation du monde, Il fut manifesté à la fin des temps, à cause de vous; par Lui, vous croyez en Dieu qui L’a ressuscité des morts et Lui a donné la gloire, en sorte que votre foi et votre espérance reposent sur Dieu” (1 Pierre 1:20-21). Qu’Il ait été “prédestiné avant la fondation du monde” signifie que sa mort sur la croix était divinement prédéterminée—une mort par laquelle Dieu offrirait le salut par grâce au moyen de la foi, à la louange de sa gloire, pour ceux qu’Il a choisis en son Fils dans l’éternité passée comme un don d’amour pour Lui.

     Dieu a ordonné la souffrance de Job pour démontrer la nature perpétuelle de la foi salvatrice, et celle de Joseph pour préserver son peuple; Dieu a décrété les souffrances de l’aveugle-né et de Lazare pour révéler ses œuvres merveilleuses et sa gloire, et la souffrance de son Fils pour accomplir la rédemption de son peuple. 

     La souffrance chrétienne est une expérience souverainement et éternellement décrétée par notre Père céleste, par laquelle sa présence intime et son implication directe dans nos vies se manifestent glorieusement, et ses desseins pour notre bien suprême sont gracieusement accomplis pour sa gloire. Par conséquent, nous ne devons pas laisser de fausses idées embrumer notre esprit, de peur que notre âme ne sombre dans la confusion au sein de ce monde rempli de troubles. Quel que soit le nombre et l’intensité de nos souffrances, la présence de notre Père céleste demeure indéfectible; nous devons l’estimer au-dessus de tout et nous en réjouir pleinement, quelles que soient nos circonstances.

     Ayant examiné la perspective biblique du but et de la réalité de la présence de l’Éternel par l’analyse de plusieurs vérités essentielles, nous devons maintenant considérer comment vivre concrètement ces vérités dans notre marche quotidienne avec notre Dieu, et ainsi pouvoir jouir de la grâce de sa présence dans ce monde brisé et moribond.

  La présence de l’Éternel est une bénédiction infinie. David témoigne de cette réalité dans Psaume 16:11, disant: “Tu (l’Eternel) me fais connaître le sentier de la vie; il y a d’abondantes joies dans ta présence, un bonheur éternel à ta droite.” Psaume 89:15 affirme: “Bienheureux le peuple qui connaît le cri de joie! ils marchent, ô Eternel! à la lumière de ta face.”

     C’est une grâce ineffable que d’être abrité par l’Éternel, le Dieu Très-Haut. Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir le privilège de demeurer à l’ombre de sa majesté et de sa gloire. C’est pourquoi, en tant que peuple gracieusement scellé par l’Esprit de l’Éternel et choisi par Lui pour habiter sous ses ailes—où se trouvent la guérison totale, la vie éternelle, le repos permanent, la force indomptable, la protection absolue et la plénitude de joie—nous devons nous conduire d’une manière digne de Celui qui nous protège miséricordieusement par sa présence aimante et vivifiante. 

     Tout d’abord, nous devons être reconnaissants, abonder en actions de grâces et toujours nous réjouir du fait qu’il plaise à notre Dieu—selon les richesses de sa grâce—d’être avec nous. En effet, Il n’est pas seulement avec nous, mais aussi en nous, car nous sommes son temple: son Esprit habite en nous (cf. 1 Corinthiens 6:19). Nous ne devons attacher du prix qu’à la présence de notre Dieu. Ne soyons pas comme Israël dans le désert: l’Éternel avait choisi, dans sa grâce, de demeurer au milieu d’eux, malgré leur péché; pourtant, Israël préféra le “confort” de l’esclavage en pays d’Égypte à la présence protectrice, bienveillante, nourricière et bénie de l’Éternel. Les israélites rejetèrent la présence de l’Éternel qui était parmi eux et convoitèrent de la viande, disant: “Pourquoi donc sommes-nous sortis d’Égypte?” (Nombres 11:20).

     Aveuglés par leurs appétits charnels, les israélites renoncèrent à la sécurité spirituelle et à toutes les bénédictions associées au fait d’être abrités à l’ombre des ailes de l’Eternel, le Dieu Très-Haut. Nous devons apprécier à sa juste valeur la présence de l’Éternel en tout temps, car c’est seulement sous ses ailes que se trouvent la sécurité, le réconfort, la paix, la joie, la vie et “toute grâce excellente et tout don parfait” (Jacques 1:17). Il n’y a rien ni personne de digne comme le Seigneur notre Dieu. Il est la “Perle de grande valeur”, et celui qui repose en son sein est infiniment béni. Comme le note le psalmiste: “Celui qui demeure sous l’abri du Très-Haut repose à l’ombre du Tout-Puissant” (Psaume 91:1); et “Heureux ceux qui habitent ta maison! Ils peuvent te célébrer encore” (Psaume 84:4). Évoquant cette bénédiction, le psalmiste écrit également dans Psaume 36:7-9, “Combien est précieuse ta bonté, ô Dieu! À l’ombre de tes ailes les fils de l’homme cherchent un refuge. Ils se rassasient de l’abondance de ta maison, et Tu les abreuves au torrent de tes délices. Car auprès de Toi est la source de la vie; par ta lumière nous voyons la lumière.”

     Échanger la présence de l’Éternel contre quoi que ce soit d’autre ne peut mener qu’à la destruction, comme ce fut le cas pour la racaille qui se trouvait parmi le peuple d’Israël dans le désert. Ils avaient une forte envie de viande. “Les israélites eux-mêmes recommencèrent à pleurer et dirent: “Qui nous donnera de la viande à manger? Nous nous souvenons des poissons que nous mangions en Egypte, et qui ne nous coûtaient rien, des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et des gousses d’ail. Maintenant, notre âme est desséchée: plus rien! Nos yeux ne voient que de la manne” (Nombres 11:4-6). Alors que le peuple pleurait, chacun dans sa famille et à l’entrée de sa tente, la colère de l’Éternel s’enflamma contre eux (Nombres 11:10).

     Puis, le lendemain, “L’Éternel fit souffler de la mer un vent, qui amena des cailles, et les répandit sur le camp, environ une journée de chemin d’un côté et environ une journée de chemin de l’autre côté, autour du camp. Il y en avait près de deux coudées au-dessus de la surface de la terre. Pendant tout ce jour et toute la nuit, et pendant toute la journée du lendemain, le peuple se leva et ramassa les cailles; celui qui en avait ramassé le moins en avait dix homers. Ils les étendirent pour eux autour du camp. Comme la chair était encore entre leurs dents sans être mâchée, la colère de l’Éternel s’enflamma contre le peuple, et l’Éternel frappa le peuple d’une très grande plaie” (Nombres 11:31-33). Ainsi, parce qu’Israël manqua d’honorer et d’apprécier la présence de l’Éternel, Il leur donna de la viande dans sa colère (cf. Psaume 106:14-15).

     Malheureusement, Israël ne tira aucune leçon de cet événement tragique. Des années plus tard, alors qu’ils quittaient le mont Hor pour contourner le pays d’Édom, ils s’impatientèrent en chemin et murmurèrent contre l’Éternel et contre Moïse, disant: “Pourquoi nous avez-vous fait quitter l’Egypte, si c’est pour que nous mourions dans le désert? En effet, il n’y a ni pain, ni eau, et nous sommes dégoûtés de cette misérable nourriture.”  Alors l’Éternel envoya des serpents venimeux contre le peuple. Ils mordirent le peuple et beaucoup d’israélites moururent” (Nombres 21:4-6). Jusqu’alors, ils avaient passé une trentaine d’années dans le désert, et l’Éternel les avait gracieusement protégés des serpents venimeux qui peuplaient cette région. Comme le nota Moïse, l’Éternel a conduit Israël “dans ce grand et affreux désert, où il y [avait] des serpents brûlants et des scorpions, dans des lieux arides et sans eau, et…a fait jaillir pour [eux] de l’eau du rocher le plus dur, …[les] a fait manger dans le désert la manne inconnue à [leurs] pères, afin de [les] humilier et de [les] éprouver, pour [leur] faire ensuite du bien” (Deutéronome 8:15-16).

     Cependant, le peuple ne sut point apprécier la présence protectrice et les soins providentiels de Dieu; leur cœur était encore en Égypte (le pays de leur esclavage), qui pourtant leur avait causé misère et gémissements (cf. Exode 2:23; Exode 6:9). Pourtant, ils prétendaient que le poisson, les concombres, les melons, les poireaux, les oignons et l’ail qu’ils y mangeaient ne leur coûtaient rien (cf. Nombres 11:5). Bien que l’Éternel eût pourvu constamment à tous leurs besoins, ils se plaignirent de manquer de nourriture et d’eau; ils détestèrent la nourriture qu’Il leur fournit par grâce et la qualifièrent de “misérable”, provoquant ainsi la colère de l’Eternel.

     Nous devons donc grandement honorer, apprécier et nous réjouir de la présence de notre Dieu par-dessus tout, même dans nos traversées du désert, car sa présence nous suffit. La présence de Dieu nous suffit pour nous aider à traverser avec assurance les turbulences que les changements incessants de la vie peuvent dresser sur notre chemin (cf. Psaume 91:4). Cela suffit à nous apporter la tranquillité du cœur et une joie inébranlable face à toute adversité. Lorsque nous apprécions à sa juste valeur la présence de Dieu, nous pouvons toujours nous réjouir en Lui, quelles que soient les circonstances de notre vie, et dire avec Habacuc: “En effet, le figuier ne fleurira pas, la vigne ne produira rien, le fruit de l’olivier manquera, les champs ne donneront pas de nourriture; les brebis disparaîtront du pâturage, et il n’y aura plus de bœufs dans les étables. Mais moi, je veux me réjouir en l’Eternel, je veux être dans l’allégresse à cause du Dieu de mon salut” (Habacuc 3:17-18).

     La patience et la soumission envers notre Dieu sont d’autres qualités qui doivent caractériser notre vie, en particulier face à de grands maux. Nous devons patiemment et en toute soumission nous en remettre à l’Éternel, même lorsque le mal semble l’emporter et que les méchants semblent réussir dans leur voie. Dans de telles circonstances, nous ne devons jamais douter de la présence inébranlable du Seigneur, mais nous humilier sans cesse sous sa main puissante et endurer toutes choses avec patience et une grande joie, pour la gloire de son nom et le bien de notre âme.

     De plus, nous devons nous attacher fermement aux promesses de notre Dieu—en gardant toujours les yeux tournés vers le ciel et non vers nous-mêmes— et aussi méditer constamment sur son caractère immuable face aux circonstances inévitablement changeantes de la vie; car l’Éternel notre Dieu est fidèle. En tant que Souverain de l’univers, ses promesses demeurent et “Il fait tout ce qu’Il veut” (Psaume 115:3). Nul ne peut contrecarrer ses plans et rien n’échappe à son décret souverain et à son contrôle, pas même le mal des hommes. Parce qu’Il promet d’être toujours avec nous—et jusqu’à la fin des temps—nous pouvons avoir la certitude qu’Il est avec nous aussi bien dans les nuits sombres de notre affliction que dans les jours radieux de notre consolation. Notre Dieu est digne de confiance. Par conséquent, prenons-Le au mot et suivons le au pas.

     La vigilance doit également nous caractériser. Autrement dit, nous devons veiller sur notre conduite et garder notre cœur pour ne pas y entretenir le péché, car cela peut amener l’Éternel à nous cacher temporairement sa face. Désobéir délibérément ou se détourner du Seigneur pour suivre nos propres appétits peut Le pousser à nous tourner le dos (cf. Deutéronome 31:16-18; Ésaïe 54:7-8). Un exemple frappant s’est produit dans le désert avec le peuple d’Israël, après le retour des espions de Canaan. Ces derniers (à l’exception de Caleb et Josué) “décrièrent devant les israélites le pays qu’ils avaient exploré” (Nombres 13:32), et il s’éleva du cœur du peuple un cri de mépris. Ils refusèrent d’obéir à l’ordre de l’Éternel d’entrer dans le pays et d’en prendre possession (cf. Nombres 14:4), provoquant ainsi sa sainte colère et le retrait de sa face bienveillante.

     À cause de leur désobéissance délibérée, l’Éternel les condamna à mort, disant: “Vos cadavres tomberont dans ce désert. Vous tous, dont on a fait le dénombrement, en vous comptant depuis l’âge de vingt ans et au-dessus, et qui avez murmuré contre Moi, vous n’entrerez point dans le pays que J’avais juré de vous faire habiter, excepté Caleb, fils de Jephunné, et Josué, fils de Nun. Et vos petits enfants, dont vous avez dit: Ils deviendront une proie! Je les y ferai entrer, et ils connaîtront le pays que vous avez dédaigné. Vos cadavres, à vous, tomberont dans le désert; et vos enfants seront nomades quarante années dans le désert, et porteront la peine de vos infidélités, jusqu’à ce que vos cadavres soient tous tombés dans le désert. De même que vous avez mis quarante jours à explorer le pays, vous porterez la peine de vos iniquités quarante années, une année pour chaque jour; et vous saurez ce que c’est que d’être privé de ma présence. Moi, l’Eternel, J’ai parlé! et c’est ainsi que Je traiterai cette méchante assemblée qui s’est réunie contre Moi; ils seront consumés dans ce désert, ils y mourront” (Nombres 14:29-35).

     À ces mots, le peuple d’Israël résolut présomptueusement de monter contre les habitants du pays. “Ils se levèrent de bon matin, et montèrent au sommet de la montagne, en disant: Nous voici! nous monterons au lieu dont a parlé l’Eternel, car nous avons péché” (Nombres 14:40). Cependant, l’Éternel n’était pas avec eux, car ils L’avaient rejeté. Moïse avertit alors le peuple, disant: “Ne montez pas! car l’Éternel n’est pas au milieu de vous. Ne vous faites pas battre par vos ennemis. Car les Amalécites et les Cananéens sont là devant vous, et vous tomberez par l’épée. Parce que vous vous êtes détournés de l’Eternel, l’Éternel ne sera point avec vous. Ils s’obstinèrent à monter au sommet de la montagne; mais l’arche de l’alliance et Moïse ne sortirent point du milieu du camp. Alors les Amalécites et les Cananéens qui habitaient en cette montagne-là, descendirent, et les battirent, et les mirent en déroute jusqu’en Horma” (Nombres 14:42-45).

     Ainsi, à cause de la désobéissance délibérée d’Israël, l’Éternel ne monta pas pour combattre en leur faveur et ils furent vaincus par leurs ennemis. De même, à cause du péché d’Acan lors de la destruction de Jéricho, Dieu ne marcha pas devant Israël pour combattre Aï, et trente-six de leurs hommes furent tués par les habitants d’Aï. Le jour où l’Éternel chargea Josué de diriger le peuple d’Israël, Il lui fit cette promesse: “ Personne ne pourra te résister tant que tu vivras. Je serai avec toi comme J’ai été avec Moïse. Je ne te délaisserai pas et Je ne t’abandonnerai pas” (Josué 1:5). Mais lorsqu’Israël viola l’alliance de l’Éternel, sa présence protectrice se retira d’eux. Ainsi, après la défaite d’Israël face à Aï, l’Éternel parla à Josué et dit: “ Israël a péché. Ils ont violé mon alliance, celle que Je leur ai prescrite; ils ont pris des biens voués à la destruction, ils les ont volés et ont menti, et ils les ont cachés parmi leurs affaires. Ainsi, les israélites ne peuvent plus résister à leurs ennemis. Ils prendront la fuite devant eux, car ils sont sous une menace de destruction. Je ne serai plus avec vous si vous n’éliminez pas l’objet voué à la destruction du milieu de vous”(Josué 7:11-12).

     L’histoire de Samson offre un autre exemple du retrait temporaire de la face de Dieu. Ayant consacré Samson comme naziréen dès le sein maternel, le Seigneur l’établit comme juge et le revêtit d’une force surnaturelle pour délivrer Israël de la main des Philistins. Cependant, Samson fut infidèle à Dieu; il était marqué par une luxure débridée, l’orgueil et la violation de son vœu de naziréat (cf. Juges 14:2, 8-9; Juges 15:15; Juges 16:1; Juges 16:19). Poussé par la dissipation, Samson se laissa séduire par une femme nommée Delila. Les princes philistins engagèrent alors Delila pour découvrir le secret de sa grande force et savoir comment ils pourraient le dompter. Au début, Samson se prêta à un jeu de mensonges lors des trois premières tentatives de Delila, alors qu’elle essaya de le piéger, “et l’on ne sut pas d’où venait sa force” (Juges 16:9). Pourtant, la faiblesse de Samson pour les femmes le ramena sans cesse dans le piège de l’oiseleur; il n’abandonna point Delila, mais demeura auprès d’elle et se livra comme une proie dans ses bras froids. Finalement, celle-ci toucha la corde sensible de son cœur; elle le harcela sans relâche au point que “son âme s’impatienta à la mort.” Puis, cédant à son agacement, “Il lui ouvrit tout son cœur” (Juges 16:16-17).

    Dès qu’elle eut entendu la révélation de Samson, Delila envoya immédiatement chercher les princes des Philistins. Pendant ce temps, “Elle endormit Samson sur ses genoux. Puis, ayant appelé un homme, elle lui fit raser les sept tresses de la tête de Samson et commença ainsi à le dompter. Il perdit sa force” (Juges 16:19). Les Philistins vinrent alors et le maîtrisèrent, car dès que ses cheveux (le dernier signe de son vœu de naziréat) furent coupés, l’Esprit de l’Éternel le quitta. Dès lors, sa force (qui provenait de la présence de l’Éternel avec lui) disparut et il se retrouva sans défense et vulnérable. En conséquence, les Philistins s’emparèrent de lui, lui crevèrent les yeux, l’enchaînèrent et le condamnèrent aux travaux forcés dans une prison de Gaza (Juges 16:21).

     Ainsi, Samson renonça à la puissance de la présence de l’Éternel en laissant son cœur être séduit par les plaisirs éphémères de la débauche, trompé par une femme. L’Éternel lui cacha temporairement sa face; Il lui retira sa force et le laissa faible à cause de ses égarements persistants. Bien qu’à la fin de sa vie, l’Éternel l’ait rétabli dans la grâce de sa présence et ait répondu à son cri de détresse, Samson dut d’abord subir un abandon temporaire par l’Esprit de Dieu. Cela commença lorsque ses cheveux—le dernier signe de son vœu de naziréat—furent coupés en violation de sa consécration à Dieu, et dura jusqu’à sa dernière supplication à l’Éternel pour qu’Il lui redonne des forces: il fut humilié et maltraité par ses ennemis. Dieu le châtia pour son péché—un châtiment qui, finalement, l’a conduit à adresser une prière de repentance à l’Éternel et à renouveler sa confiance en Lui pour obtenir de la force dans ses derniers instants.

     Nous ne devons pas laisser le péché régner dans nos cœurs, de peur que le Seigneur notre Dieu ne nous cache sa face—comme Ésaïe l’a souligné avec hardiesse au sujet du peuple d’Israël, qui fut marqué par la rébellion contre Dieu tout au long de son histoire. À cause de leur persistance dans le péché, l’Éternel leur retira sa présence protectrice et bienveillante. Alors, le prophète les réprimanda en disant: “Non, la main de l’Éternel n’est pas trop courte pour sauver, ni son oreille trop dure pour entendre. Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation entre vous et votre Dieu; ce sont vos péchés qui vous cachent sa face et L’empêchent de vous écouter” (Ésaïe 59:1-2). Ézéchiel 39:23-24 et Michée 3:4 attestent également cette réalité.

     Le but de l’Éternel Dieu lorsqu’Il cache sa face est d’instiller en nous une sainte crainte de sa personne, en nous confrontant à la futilité, à la folie et au caractère destructeur du fait de valoriser quoi que ce soit plus que Lui—puisque le retrait de sa face nous laisse totalement impuissants (cf. Deutéronome 32:37-38; voir aussi Josué 7). De plus, cela sert à nous réveiller de notre torpeur spirituelle, afin que nous puissions contempler véritablement l’Éternel dans sa majesté transcendante et Lui attribuer la gloire due à son nom (cf. Deutéronome 32:39). En outre, cela vise à extirper la présomption de nos cœurs et à nous inciter à marcher dans la droiture.

     Notre réaction ne doit jamais être l’indifférence ou la plainte lorsque le Seigneur notre Dieu nous cache sa face. Au contraire, nous devons nous séparer du péché qui a causé cette rupture et revenir à Lui avec un cœur repentant pour la restauration de la communion. Nous ne devons pas agir avec irrévérence comme le peuple d’Israël qui, au temps de Malachie, interrogea l’Éternel avec insolence, disant: “Où est le Dieu de la justice?” (Malachie 2:17), alors même qu’Israël était infidèle à son alliance. Les israélites vivaient dans l’indifférence envers Dieu, tout en se croyant justes et dignes de sa protection. Ils accusèrent Dieu avec arrogance et à tort d’être indifférent à leur situation—plutôt que d’améliorer leur propre conduite. De leur point de vue, l’espoir de restauration promis par Dieu à travers son Messie ne semblait pas se concrétiser, puisque l’empire perse continuait de les dominer. Ils attendaient de Dieu qu’Il les rende prospères, mais ne se souciaient guère d’obéir à sa voix; ils voulaient les bénédictions de Dieu tout en Le provoquant activement à la colère par leurs péchés (cf. Malachie 2:10-14). 

     À cause du péché non confessé dans notre vie, l’Éternel peut nous cacher momentanément sa face. Dans de tels moments, nous ressentons le vide laissé par son retrait temporaire. Au lieu de la plénitude de la joie, nous sommes submergés par la tristesse; nous ne ressentons plus l’intimité et la bénédiction de sa présence bienveillante, car nous avons laissé le péché s’installer et prendre racine dans notre cœur.

     Une autre habitude essentielle à cultiver est une vie de prière fidèle. Jouir d’une douce communion avec le Seigneur notre Dieu en cherchant constamment sa face dans la prière a un impact considérable sur tous les aspects de notre vie en tant que chrétiens. La prière est un moment d’intimité où, nous reposant sur l’amour inébranlable de notre Père céleste et captivés par sa beauté, nous Lui rendons gloire, louange et actions de grâces, et avec une dépendance totale, de l’assurance et de la confiance en Lui, nous nous tournons humblement vers sa face pour trouver la force, le réconfort, le courage, la guérison, le secours, la grâce et la miséricorde. 

     La prière est extrêmement utile, non seulement pour surmonter la tentation d’accorder plus de valeur à quoi que ce soit qu’à notre Dieu, mais aussi pour extirper les péchés de notre cœur qui peuvent L’amener à nous cacher temporairement sa face. Notre dépendance à l’égard de la puissance glorieuse du Saint-Esprit—qui seul peut annihiler les œuvres de la chair (cf. Romains 8:13) et remplir nos cœurs d’une grande joie et d’un profond désir envers Dieu—s’exprime dans nos prières. Les péchés ne peuvent être vaincus par la force de la volonté, et nos cœurs ne peuvent être saturés d’amour pour Dieu par l’effort humain; l’élimination des impuretés du cœur et son illumination sont l’œuvre surnaturelle du Saint-Esprit. C’est Lui qui extirpe ce qui est mauvais et plante ce qui est bon. 

     Dans le processus de notre sanctification, le Saint-Esprit purifie progressivement notre cœur de ce qui le souille et le remplit de ce qui le sanctifie. Il substitue à notre soif des choses de la chair une faim et une soif de Dieu et de sa Parole; Il révèle la nature pécheresse et destructrice du péché et nous incite à désirer la vie; Il nous fait prendre conscience de la fugacité des plaisirs du péché et nous donne la force de rechercher ce qui est éternel; Il dissipe les nuages qui aveuglent nos yeux, brise notre orgueil et nous permet de contempler, d’honorer et de savourer la gloire de notre grand Dieu.

     La constance dans la prière nous rapproche de Dieu—un rapprochement qui permet de nous délecter de sa présence. Par conséquent, nous devons cultiver une vie de prière, afin de ne rien élever au-dessus de la présence intime de notre Dieu. Pour ce faire, nous devons nous tourner constamment vers le Saint-Esprit pour nous aider à réprimer or vaincre tout appétit charnel et à nous maintenir dans la joie du Seigneur au milieu des circonstances troublantes de la vie.

     De plus, nous devons étudier assidûment la Parole de Dieuméditant sans cesse sur le caractère de notre Dieu et sur ses œuvres. Car la jouissance de la présence de Dieu est inextricablement liée à la connaissance de Dieu. Nous ne pouvons pas nous réjouir pleinement dans notre Dieu comme cela se doit si nous ne Le connaissons pas véritablement et que nous ne maintenons pas une vision juste de qui Il est et de ce qu’Il fait. Puisque nous sommes enclins à l’oubli, il est donc crucial de renouveler quotidiennement notre intelligence dans la Parole de notre Dieu—car une compréhension profonde et une application fidèle de toute la Sainte Écriture en tout temps sont fondamentales pour la vie chrétienne. C’est pourquoi Paul exhorte les saints de Rome: “Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait” (Romains 12:2).

     La présence de l’Éternel est pour nous, ses enfants, un don éternel. Par conséquent, nous devons aborder chaque jour avec un cœur rempli de gratitude et d’actions de grâces, avec patience et soumission, endurant toutes choses avec une grande joie pour la gloire de notre Dieu, en nous appuyant sur son caractère immuable et ses promesses. De plus, nous devons être vigilants, nous tournant sans cesse vers la face de notre Dieu dans la prière et renouvelant notre intelligence dans sa Parole, afin de jouir de la plénitude de joie que procure sa présence de grâce, même dans ce monde brisé et malgré notre condition déchue, tandis que nous attendons avec ferveur son retour glorieux et notre enlèvement pour son royaume éternel. Notre Dieu est avec nous!